Un couple du Pas-de-Calais a vu ses rêves de réduction de factures d’énergie se transformer en cauchemar financier. En effet, ils ont investi dans des panneaux solaires présentés comme « autofinancés », mais se retrouvent désormais avec près de 90 000 euros de dettes liées à des travaux de rénovation qui n’ont jamais répondu aux promesses initiales.
EN BREF
- Un couple a contracté près de 90 000 € de dettes pour des panneaux solaires.
- Les arnaques à la rénovation énergétique augmentent, avec 52 000 signalements en 2025.
- Des précautions sont nécessaires face aux démarchages commerciaux non sollicités.
Cette expérience illustre une tendance inquiétante : les arnaques à la rénovation énergétique se multiplient. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a constaté une hausse alarmante des signalements, passant de 10 000 en 2022 à 52 000 en 2025. Ces chiffres révèlent que le couple du Pas-de-Calais n’est pas un cas isolé, mais plutôt le reflet d’un phénomène de grande ampleur.
Le processus d’escroquerie a débuté avec un commercial se présentant comme un contrôleur pour évaluer l’éligibilité du foyer aux aides publiques. Ce dernier a effectué plusieurs visites, gagnant la confiance des propriétaires, avant de leur faire signer de nombreux documents liés à des travaux de rénovation. Le mari, retraité et souffrant de troubles de la mémoire et de l’audition, n’a pas pu pleinement comprendre les implications de ces contrats. À leur grande surprise, le montant des crédits s’est élevé à près de 90 000 euros, une somme équivalente au prix d’une petite maison.
Les panneaux solaires leur avaient été vendus sous prétexte qu’ils seraient en mesure de couvrir les mensualités grâce à la revente d’électricité, ainsi qu’aux aides telles que MaPrimeRénov’ et l’éco-prêt à taux zéro. Cependant, dans la réalité, les revenus générés par ces panneaux ne suffisent pas à rembourser les crédits souscrits. Le père de famille, désillusionné, déclare aujourd’hui : « On ne laisse plus personne entrer chez nous. »
Ce cas n’est qu’un exemple parmi tant d’autres d’un marché de la rénovation énergétique devenu extrêmement lucratif pour des entreprises peu scrupuleuses. Ces dernières exploitent la complexité des dispositifs d’aide pour gonfler les devis ou masquer des crédits. Selon les estimations de la DGCCRF, le préjudice lié à ces fraudes a atteint près de 100 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2023. Tracfin, quant à lui, évalue le montant de la fraude autour de MaPrimeRénov’ à 400 millions d’euros pour la même année.
Les modes opératoires des fraudeurs se ressemblent souvent. Par exemple, dans le Jura, une offre de bouquet de travaux a été facturée à 22 500 euros, alors que seulement 2 000 euros étaient annoncés à la charge du client, une pratique contraire à la réglementation. « Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est faux », résume un conseiller en énergie, mettant en garde contre ces arnaques.
De plus, certains escrocs usurpent des labels de qualité comme RGE, prétendent représenter l’Agence nationale de l’habitat (Anah) ou France Rénov’, et créent même de faux comptes MaPrimeRénov’ à partir d’identifiants fiscaux volés. Le ministère de l’Économie rappelle que le démarchage commercial pour la rénovation énergétique est interdit depuis juillet 2020, et que cette interdiction s’étendra en 2025 à tout démarchage non sollicité par téléphone ou en ligne.
Pour les victimes, il existe un droit de rétractation de 14 jours applicable à tout contrat signé après démarchage à domicile, permettant ainsi d’annuler également le crédit lié. Au-delà de ce délai, il est possible de contester devant le juge civil, avec l’assistance de France Rénov’, de l’Anah, des ADIL ou d’associations de consommateurs. Il est également recommandé de signaler l’entreprise concernée sur SignalConso pour alerter la DGCCRF.
Face à la montée des fraudes dans le secteur de la rénovation énergétique, il est crucial de rester vigilant et de s’informer sur les droits et protections disponibles pour éviter de tomber dans le piège des arnaqueurs.