Changements fiscaux du PER en 2026 : un impact majeur pour les seniors de plus de 70 ans

Depuis plusieurs annĂ©es, le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’est Ă©tabli comme un outil essentiel pour prĂ©parer sa retraite. Sa popularitĂ© dĂ©coule de la volontĂ© des instances gouvernementales d’encourager la capitalisation, en complĂ©ment du systĂšme de rĂ©partition. Cependant, la loi de finances 2026 introduit des modifications significatives qui pourraient alourdir la fiscalitĂ© pour les seniors.

EN BREF

  • La dĂ©ductibilitĂ© des versements sur un PER sera supprimĂ©e pour les plus de 70 ans.
  • Les prĂ©lĂšvements sociaux sur les gains du PER passeront de 17,2 % Ă  18,6 %.
  • Ces changements risquent de fragiliser l’attractivitĂ© du PER pour les seniors.

La premiĂšre annonce concerne la suppression de la dĂ©ductibilitĂ© des versements effectuĂ©s sur un PER Ă  partir de 70 ans. Cette mesure, prĂ©sentĂ©e comme technique, pourrait avoir des consĂ©quences profondes pour les seniors encore actifs, notamment les travailleurs indĂ©pendants et les professions libĂ©rales. Jusqu’Ă  prĂ©sent, la possibilitĂ© de dĂ©duire ces versements permettait de rĂ©duire l’assiette imposable, un avantage qui disparaĂźt dĂ©sormais dĂšs le seuil des 70 ans.

Cette modification a Ă©tĂ© intĂ©grĂ©e discrĂštement dans le projet de loi de finances 2026, adoptĂ©e en fĂ©vrier, sans susciter de dĂ©bat public significatif. De ce fait, un grand nombre d’Ă©pargnants pourrait continuer Ă  alimenter leur PER, pensant bĂ©nĂ©ficier d’avantages fiscaux qui n’existent plus. Ce manque de communication claire crĂ©e un risque de dĂ©cisions patrimoniales inadaptĂ©es, qui pourraient avoir des rĂ©percussions financiĂšres importantes.

Les seniors devront maintenant repenser leur stratĂ©gie d’Ă©pargne. Alimenter un PER aprĂšs 70 ans pourrait ne plus ĂȘtre pertinent, sauf pour ceux qui recherchent uniquement une rente future. Cette situation pourrait inciter certains Ă  se tourner vers d’autres solutions d’Ă©pargne, telles que l’assurance-vie, qui conserve ses avantages fiscaux et successoraux tout en Ă©chappant Ă  la hausse des prĂ©lĂšvements sociaux.

En effet, Ă  partir de 2026, les prĂ©lĂšvements sociaux sur les gains du PER vont augmenter, passant de 17,2 % Ă  18,6 %. Bien que cette hausse puisse sembler marginale, elle impacte directement la rentabilitĂ© nette des placements. AssociĂ©e Ă  la suppression de la dĂ©ductibilitĂ©, elle crĂ©e un environnement fiscal moins favorable pour les seniors, diminuant ainsi l’attractivitĂ© du PER.

Alors que ces modifications s’appliquent au PER, l’assurance-vie reste protĂ©gĂ©e de l’augmentation des prĂ©lĂšvements sociaux. Ce contraste soulĂšve des interrogations sur la cohĂ©rence des politiques fiscales. D’un cĂŽtĂ©, l’État promeut le PER comme un outil de capitalisation ; de l’autre, il impose des mesures qui risquent de nuire Ă  son attractivitĂ©. Les seniors pourraient alors se sentir contraints de rĂ©orienter leurs choix d’Ă©pargne vers des produits plus favorables fiscalement.

La double pĂ©nalisation du PER en 2026 envoie un signal contradictoire au public. Alors que le gouvernement affirme vouloir renforcer la capitalisation pour compenser les faiblesses du systĂšme par rĂ©partition, il rĂ©duit en rĂ©alitĂ© les incitations fiscales et alourdit la taxation du PER. Ceci pourrait dissuader de nombreux Ă©pargnants. Bien que le PER demeure attractif pour ceux de moins de 70 ans, les seniors voient leur marge de manƓuvre considĂ©rablement restreinte. Ainsi, la cohĂ©rence de la politique de retraite est mise Ă  mal, laissant place Ă  un sentiment d’injustice parmi les Ă©pargnants.