Emmanuel Macron insiste sur de nouvelles sanctions contre la Russie, malgré le veto hongrois

À Paris, le président Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à mettre en place un 20e paquet de sanctions contre la Russie, malgré le veto annoncé par la Hongrie. Cette déclaration a eu lieu lors d’une rencontre avec le Premier ministre finlandais, Alexander Stubb, le 23 février 2026.

EN BREF

  • Emmanuel Macron réclame un nouveau paquet de sanctions contre la Russie.
  • La Hongrie bloque ces sanctions, dénonçant un « chantage » ukrainien.
  • Les tensions entre l’Ukraine et la Hongrie affectent les livraisons de pétrole.

Lors de cette rencontre, Emmanuel Macron a exprimé la nécessité d’« accroître la pression » sur la Russie. Il a souligné que les discussions sur ce nouveau paquet de sanctions se tiendraient dans les prochains jours. « Nous devons avancer », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de l’unité européenne face à l’agression russe.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a également pris la parole depuis Bruxelles, affirmant que l’adoption de ce paquet de sanctions était inéluctable. Il a précisé que la question ne se posait pas de savoir si le paquet serait adopté, mais plutôt quand cela se produirait. Ses propos semblent viser directement la Hongrie, qui a récemment annoncé son intention de bloquer cette initiative.

La Hongrie, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a réagi aux pressions exercées par ses partenaires européens. Il a déclaré que tant que l’Ukraine ne reprendrait pas les livraisons de pétrole à la Hongrie et à la Slovaquie via l’oléoduc Droujba, aucune décision significative ne serait prise concernant Kiev. Cet oléoduc, endommagé par des frappes russes le 27 janvier, aurait été réparé, mais l’Ukraine refuse de reprendre les livraisons, ce qui, selon Budapest, constitue une forme de pression politique.

Péter Szijjártó a tenu à rappeler que la Hongrie et la Slovaquie sont membres de l’Union européenne, tandis que l’Ukraine ne l’est pas. Il a accusé Bruxelles de soutenir l’Ukraine au détriment des intérêts de ses États membres. Il a également affirmé qu’il n’existait aucune raison technique ou opérationnelle empêchant la reprise des livraisons de pétrole.

« Nous ne céderons pas au chantage », a-t-il conclu, mettant en avant la position ferme de Budapest face à ce qu’il qualifie de tentative orchestrée par l’Ukraine et Bruxelles pour faire pression sur la Hongrie.

Le climat politique en Hongrie est particulièrement tendu, notamment avec les élections législatives prévues le 12 avril prochain. Le spécialiste de la Hongrie, Andras Racz, a noté que le gouvernement de Viktor Orban mise sur la politique étrangère pour gagner en popularité, alors que son opposant, Peter Magyar, semble mener dans les sondages, soutenu par une conjoncture économique difficile.

Dans ce contexte, les choix politiques et économiques de la Hongrie sont scrutés de près, tant par ses citoyens que par ses partenaires européens, alors que la guerre en Ukraine continue de peser sur les relations internationales et les stratégies diplomatiques.