Évitez de condamner votre lavande : les erreurs à ne pas commettre en fin d’hiver

À la fin du mois de février, de nombreux jardiniers portent un regard inquiet sur leurs touffes de lavande. Avec des branches ternes et affaissées, la tentation est grande d’intervenir, que ce soit par un arrosage excessif, une taille radicale ou même un arrachage prématuré. Ce phénomène est courant, car beaucoup pensent à tort que leur lavande est en dormance hivernale. Pourtant, à cette période, chaque geste peut s’avérer fatal pour une plante qui pourrait encore se rétablir.

EN BREF

  • En fin février, la lavande est en phase de repos, nécessitant peu d’eau.
  • Les erreurs courantes incluent l’arrosage excessif et la taille prématurée.
  • Il est essentiel de vérifier l’état des tiges et des racines avant d’agir.

La lavande, comme beaucoup d’autres plantes, traverse l’hiver dans un état de repos profond. À cette époque, la circulation de la sève ralentit, et la croissance se fige presque complètement. Bien que la plante puisse sembler fatiguée ou décolorée, il est crucial de ne pas céder à la panique. Fin février, un aspect terne peut être tout à fait normal.

À l’approche du printemps, la lavande entre dans une phase de semi-dormance, attendant des températures autour de 10 °C pour recommencer à croître. Généralement, c’est entre mars et avril que les variétés anglaises reprennent vie, tandis que les variétés françaises et papillon attendront encore un peu. Une touffe compacte, bien que moins éclatante, devrait rassurer le jardinier. En revanche, des touffes molles, que ce soit sur un sol trop humide ou complètement desséché, suscitent des inquiétudes.

Lorsque la plante manque d’eau, elle se dessèche uniformément, perdant sa légèreté et sa couleur. Les rameaux deviennent cassants et le feuillage craque. À l’inverse, un excès d’eau entraîne un jaunissement puis un brunissement des feuilles, des tiges molles, et un sol lourd, annonçant une possible pourriture des racines.

Avant de sortir le sécateur, il est conseillé de regarder attentivement la silhouette de la plante et d’examiner le sol. Rebecca Olson, agricultrice et copropriétaire de Lavender Connection, souligne l’importance de la vérification : « Si la plante paraît encore brune au printemps alors que les autres montrent des signes de vie, il y a une chance qu’elle ne s’en soit pas sortie. Prenez le temps de vérifier, non seulement à l’extrémité des tiges, mais aussi près de la base. »

Pour évaluer la santé de la plante, on peut gratter délicatement l’écorce de quelques tiges avec l’ongle. Si le dessous est vert, cela signifie que la branche est encore vivante. Une tige souple qui plie sans rompre conserve du potentiel, tandis qu’une tige sèche et cassante indique une mort certaine. En dernier recours, surtout pour les plants en pot, il est possible de vérifier les racines : des racines blanches et fermes sont un bon signe, alors que des racines noires ou molles signalent une perte définitive.

Il est essentiel de ne pas couper dans le vieux bois sec, car la lavande ne repoussera pas sur ces parties. Le piège à éviter en cette fin février est de considérer la lavande comme étant « endormie » et de vouloir l’aider par un arrosage ou une taille inappropriée. En pleine terre, un pied de lavande installé n’a pratiquement pas besoin d’eau en hiver. Pour les plants en pot, un arrosage léger est suffisant lorsque le terreau est sec en profondeur.

La lavande supporte bien la sécheresse, mais elle souffre fortement d’un excès d’eau. Les tiges brunies, par ailleurs, aident à protéger la plante des gelées. Il est donc préférable d’attendre des journées plus clémentes, proches de 10 °C, parfois jusqu’à la mi-printemps, avant de tirer des conclusions hâtives sur l’état de votre lavande.