Depuis le 1er janvier 2026, de nombreux propriétaires se retrouvent dans une situation d’attente concernant leurs projets de rénovation énergétique. La suspension du guichet MaPrimeRénov, due à un manque de budget voté, a laissé en souffrance des milliers de dossiers. Environ 83 000 demandes sont actuellement bloquées auprès de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), créant ainsi une véritable impasse pour de nombreux ménages alors que les coûts de chauffage continuent d’augmenter.
EN BREF
- 83 000 dossiers de rénovation sont bloqués depuis janvier 2026 en raison d’un manque de budget.
- La réouverture du guichet MaPrimeRénov est prévue pour le 23 février 2026, avec 3,6 milliards d’euros alloués.
- Un rendez-vous avec un conseiller devient obligatoire pour les rénovations globales, allongeant les délais d’instruction.
Le déblocage de la situation est survenu grâce à la promulgation de la loi de finances le 10 février. Ainsi, le ministère de la Ville et du Logement a annoncé la réouverture du guichet MaPrimeRénov 2026, permettant à tous les ménages d’accéder à un budget de 3,6 milliards d’euros, associé à 500 millions d’euros de certificats d’économies d’énergie. Toutefois, cette reprise s’accompagne de changements qui pourraient impacter le calendrier des travaux.
Les ambitions de l’Anah sont élevées : environ 150 000 projets de travaux par geste et 120 000 rénovations globales, dont une partie en copropriété, sont visés. Avec un budget total pouvant atteindre 4,1 milliards d’euros en 2026, la nécessité de réexaminer les 83 000 dossiers en suspens sera une priorité lors de la réouverture des services. Le ministère a assuré que l’instruction des dossiers reprendra le 23 février, promettant qu’il n’y aura pas de retard initial. Cependant, la réalité pourrait s’avérer plus complexe face à l’afflux massif de demandes à traiter.
Un changement notable introduit par MaPrimeRénov 2026 est l’obligation, pour toute demande d’aide liée à une rénovation d’ampleur, de prendre rendez-vous avec un conseiller France Rénov’. Ce rendez-vous, qui vise à mieux encadrer les projets et prévenir les dérives commerciales, générera une attestation à joindre au dossier. Bien que ce filtre supplémentaire ait pour but d’améliorer la qualité des projets, il pourrait également retarder la mise en oeuvre de nombreuses rénovations.
Sebastian Ruiz, président de la communauté des accompagnateurs agréés, exprime ses craintes quant aux délais d’attente liés à cette nouvelle exigence. Selon lui, la mise en place de ce système pourrait prendre plusieurs semaines, voire des mois. Le rendez-vous doit être pris via la plateforme France Rénov’ ou auprès de points d’accueil locaux, en se basant sur un projet déjà esquissé, incluant un diagnostic de performance énergétique (DPE) et quelques devis préliminaires.
Les délais d’instruction des dossiers ont également été revus à la hausse. Pour une rénovation globale, l’attente peut atteindre six mois, alors qu’elle se limite à environ trois mois pour des travaux unitaires. Les candidats à la prime doivent donc prendre en compte ces nouveaux délais dans leur planification et leur financement, en particulier lorsqu’ils envisagent une mise en location à court terme.
Enfin, le périmètre des travaux éligibles évolue avec la distinction renforcée entre le parcours global et le parcours par geste. Certains équipements, tels que les chaudières à biomasse ou l’isolation des murs, ne seront plus financés lorsqu’ils sont réalisés seuls, incitant ainsi à opter pour des rénovations d’ensemble. Le calcul du DPE a également été actualisé, avec un nouveau coefficient pour l’électricité fixé à 1,9, ce qui pourrait influencer la classe énergétique des logements. Les barèmes d’aide, quant à eux, restent alignés sur ceux annoncés au milieu de l’année 2025, avec des plafonds constants mais un cadre de contrôle renforcé.
Cette année, MaPrimeRénov se transforme ainsi en un dispositif à la fois plus structuré et contraignant, marquant une nouvelle étape dans la rénovation énergétique des logements, mais soulevant également des interrogations quant aux délais et à la capacité des services à faire face à l’afflux de demandes.