Une Américaine dépense 21 000 euros pour cloner son chat décédé

La perte d’un animal de compagnie peut laisser un vide immense dans la vie de ses propriétaires. Aux États-Unis, une femme de 36 ans résidant à Austin a choisi une voie peu conventionnelle après la mort de son chat. Elle a investi 25 000 dollars, soit environ 21 000 euros, dans le clonage de son animal. Une décision réfléchie qu’elle assume pleinement aujourd’hui.

EN BREF

  • Une Américaine a cloné son chat décédé pour 21 000 euros.
  • Le processus a duré quatre ans et a nécessité un prêt.
  • La nouvelle chatte, Belle, développe sa propre personnalité.

Son chat, Chai, avait occupé une place centrale dans sa vie. Cet animal l’a accompagnée durant une période difficile, notamment à la fin de ses études, alors qu’elle traversait une dépression. La relation qu’elle entretenait avec Chai s’est intensifiée au fil des ans, notamment lorsque l’animal a nécessité plusieurs mois de soins. Ce lien, décrit par la propriétaire comme presque fusionnel, était marqué par une compréhension silencieuse.

La mort de Chai, survenue de manière inattendue après qu’elle ait ingéré un morceau de plastique, a été un choc. Bien qu’une opération ait été réalisée, l’animal n’a pas survécu à une réaction à l’anesthésie. Dans les jours qui ont suivi, la jeune femme a découvert qu’une entreprise spécialisée dans le clonage animal, ViaGen, était située à proximité. C’est alors que l’idée a commencé à germer dans son esprit : « Je n’arrivais pas à dormir. J’ai passé la nuit à me renseigner sur le clonage et j’ai su que c’était ce que je voulais faire », confie-t-elle.

Sa démarche ne visait pas à effacer la perte, mais à préserver une part de son compagnon. « C’était pour transmettre une part d’elle », précise-t-elle. Elle souligne que le clonage ne consiste pas à ramener Chai, mais à conserver une connexion avec elle. Le processus de clonage, bien que complexe, a pris quatre ans, en raison de diverses étapes scientifiques et d’un échantillon de tissu jugé inutilisable. Pendant cette période, elle a dû contracter un prêt, conscient que son choix était inaccessible pour de nombreuses personnes.

La rencontre avec la nouvelle chatte, baptisée Belle, en octobre 2021, a été un moment inoubliable. « C’était irréel. J’ai pu profiter du moment. Elle s’est endormie sur mes genoux immédiatement », se souvient-elle. Belle présente une ressemblance frappante avec Chai, ce qui a amplifié l’émotion de leurs premiers instants ensemble. Certaines de ses attitudes rappellent également son ancienne compagne : « Comme Chai, elle sent mon anxiété et vient se blottir contre moi. » Cependant, Belle développe progressivement sa propre personnalité.

Bien que Belle partage le même ADN que Chai, sa vie est différente. Elle est habituée dès son jeune âge à sortir, accompagnant sa propriétaire dans les parcs, les magasins, et même les brasseries. Plus curieuse et active que son aînée, elle illustre une réalité souvent méconnue du clonage : l’environnement et l’éducation influencent le comportement autant que la génétique. Le clone n’est donc jamais une copie parfaite.

Face aux critiques concernant l’éthique et le coût du clonage, la propriétaire insiste sur l’importance de la lucidité. « Ce n’est pas une résurrection. Vous ne récupérerez pas votre animal. Si vous clonez parce qu’il vous manque, cela vous décevra », avertit-elle. Pour ceux qui envisageraient cette option, elle recommande de faire prélever un échantillon de tissu de leur animal de son vivant, afin de conserver la possibilité de choisir plus tard. Pour elle, l’expérience n’a pas remplacé Chai, mais a ouvert un nouveau chapitre, différent mais apaisant.