Procès Marielle Franco : le parquet affirme qu’il n’y a « aucun doute » sur les commanditaires

Le procès des commanditaires présumés de l’assassinat de Marielle Franco a débuté ce mardi, 24 février 2026, à Brasilia. Le magistrat du parquet a déclaré qu’il n’y avait « aucun doute » sur la culpabilité des frères Chiquinho et Domingos Brazao, accusés d’avoir orchestré ce crime qui a choqué le Brésil et le monde entier.

EN BREF

  • Le parquet brésilien affirme qu’il n’y a « aucun doute » sur la culpabilité des commanditaires.
  • Marielle Franco, conseillère municipale, a été assassinée en 2018, suscitant une vague d’indignation.
  • Trois autres accusés sont jugés pour leur implication dans cet assassinat, révélant un réseau criminel complexe.

Marielle Franco, conseillère municipale de 38 ans, a été tuée le 14 mars 2018 dans sa voiture à Rio de Janeiro. Ce meurtre a non seulement suscité une forte émotion au sein de la population brésilienne, mais il a également mis en lumière les violences dont sont victimes les femmes, les Noirs et les membres de la communauté LGBT+ dans le pays. Le procès actuel, qui se tient devant la Cour suprême, vise à établir la responsabilité des commanditaires, alors que les tireurs ont déjà été condamnés en 2024.

Lors de l’ouverture du procès, le vice-procureur Hindenburgo Chateaubriand a affirmé que les frères Brazao avaient une « paternité criminelle » dans ce meurtre, soulignant que Marielle Franco était perçue comme une menace pour leurs intérêts. En tant qu’élue de gauche, elle s’opposait à des projets qui favorisaient l’accaparement des terres par des milices, des groupes criminels qui terrorisent la population de Rio. Sa défense des droits des habitants des favelas, des jeunes Noirs et des femmes faisait d’elle une cible des forces en place.

Le procès se déroule sous le regard attentif du public, avec la présence de législateurs et de journalistes. Anielle Franco, sœur de la victime et actuelle ministre de l’Égalité raciale, a exprimé sa détermination à voir justice rendue. Elle a déclaré qu’il était « inadmissible qu’une conseillère municipale soit assassinée » et a appelé à poursuivre les enquêtes pour traduire les responsables en justice.

Le magistrat Flavio Dino, qui préside le procès, a insisté sur l’importance de faire face à l’impunité qui entoure des crimes aussi odieux. La veuve de Marielle, Monica Benicio, a également évoqué le « système criminel » qui continue de sévir, se référant aux milices qui se sont infiltrées dans la société brésilienne.

Les accusations portent également sur d’autres individus, dont l’ancien commissaire Rivaldo Barbosa et l’ancien policier Ronald Paulo de Alves, accusés d’avoir facilité l’impunité des commanditaires. Ces derniers, tout comme les frères Brazao, nient les accusations portées contre eux.

Le procès de Marielle Franco est donc un moment crucial pour le Brésil, un pays aux prises avec des violences endémiques et une lutte contre l’impunité. Les enjeux dépassent le cadre juridique, touchant à des questions de justice sociale et de droits humains. Alors que le pays se trouve à un tournant, ce procès pourrait bien constituer une première étape vers un changement significatif.

Les verdicts rendus par la Cour suprême seront scrutés de près, tant par les proches de Marielle Franco que par une société civile en quête de justice. Les décisions qui seront prises dans cette affaire pourraient influencer les futures politiques de sécurité et de justice au Brésil.