Les bons repères pour tondre votre pelouse au printemps

Avec l’arrivée du printemps, beaucoup d’entre vous ressentent l’envie irrésistible de sortir la tondeuse. Pourtant, tondre sa pelouse trop tôt peut avoir des conséquences néfastes pour son gazon. Il est crucial de comprendre les signaux naturels qui préparent le terrain pour une coupe efficace et respectueuse de la santé de votre pelouse.

EN BREF

  • La première tonte ne doit intervenir qu’après un réchauffement suffisant du sol.
  • Une tonte prématurée peut affaiblir le gazon et favoriser les mauvaises herbes.
  • Respecter la règle du tiers lors de la tonte est essentiel pour la santé de la pelouse.

La pelouse est bien plus qu’une simple moquette verte. Elle représente un écosystème complexe qui sort lentement de sa dormance hivernale. En hiver, les brins d’herbe ralentissent leur croissance pour protéger leurs racines. En France, la période de tonte s’étend généralement de mars à octobre, mais il est essentiel de se fier aux signes naturels plutôt qu’à un simple calendrier.

La clé réside dans la température du sol. Lorsque celui-ci est encore froid, les racines des plantes restent en sommeil. Tondre à ce moment-là peut causer un stress inutile à votre gazon, qui puisera dans ses réserves pour repousser. Cela peut engendrer un jaunissement, l’apparition de mousse et des zones clairsemées. Un gazon affaibli est plus vulnérable aux chaleurs estivales et aux invasions de mauvaises herbes.

Le véritable signal pour tondre se trouve sous vos pieds. La première coupe devient raisonnable lorsque les températures de l’air dépassent régulièrement 8 à 10 °C le jour, sans risque de gel, et que le sol atteint environ 6 à 10 °C. Si le sol est collant sous vos chaussures, il est encore trop humide pour tondre. Une tonte sur un sol détrempé peut asphyxier les racines et favoriser l’apparition de maladies, surtout si les lames de la tondeuse sont émoussées, ce qui peut déchirer l’herbe au lieu de la couper proprement.

Plutôt que de se fier à un calendrier, de nombreux jardiniers utilisent des repères concrets. Typiquement, la première tonte a lieu entre mi-mars et mi-avril, mais uniquement si les conditions sont favorables. Une fois ces critères vérifiés, il est conseillé de respecter la règle d’or : ne jamais retirer plus d’un tiers de la hauteur de l’herbe. Par exemple, pour une pelouse de 9 cm, réglez votre tondeuse entre 4 et 6 cm. Cela permet à la pelouse de conserver suffisamment de feuilles pour nourrir ses racines tout en favorisant son épaississement.

Durant la période de croissance printanière, une tonte tous les quinze jours est généralement suffisante. Si l’herbe a vraiment poussé, il est préférable de procéder à deux tontes espacées de quelques jours pour éviter de stresser la plante.

Cette approche prudente s’inscrit également dans une tendance plus large visant à protéger la biodiversité. En Angleterre, le naturaliste Sir David Attenborough a encouragé à retarder la tonte jusqu’à la mi-juillet, tandis que d’autres, comme le jardinier Monty Don, préconisent une tonte autour du 21 juin. Des campagnes telles que « No Mow May », qui incitent à ne pas tondre en mai, visent à laisser les fleurs sauvages et les pollinisateurs profiter des graminées au printemps.

Dans un jardin français, cette philosophie se traduit souvent par un compromis simple. Les zones de passage et de jeux sont tondues régulièrement à une hauteur modérée, tandis qu’un coin peut être laissé plus haut ou non tondu, par exemple près d’une haie ou d’un arbre. Plusieurs fabricants recommandent même de conserver une petite surface sans tonte pour favoriser les insectes. Avec le temps, cette approche permet de former un tapis de pelouse plus dense, offrant ainsi un habitat accueillant pour la faune discrète mais essentielle à l’écosystème du jardin.