À 73 ans, une femme partage une réflexion profonde sur sa maternité, entamée dès l’âge de 26 ans avec la naissance de son premier enfant. Pendant des décennies, elle a soutenu que son choix d’avoir des enfants si jeune était délibéré et réfléchi. Cependant, derrière cette façade, se cache une réalité plus complexe, marquée par des regrets et un sentiment d’ambivalence.
EN BREF
- Une mère de 73 ans partage son ambivalence sur la maternité.
- Elle évoque des regrets d’opportunités de vie non réalisées.
- Son témoignage soulève des questions sur l’amour maternel et le regret.
Dans un article publié sur le site Geediting, elle explique comment, malgré un amour inconditionnel pour ses enfants, elle a souvent pleuré la vie qu’elle aurait pu mener. S’éloignant des conventions, elle aborde un sujet délicat : l’idée que l’on peut aimer ses enfants tout en regrettant la femme que l’on n’est pas devenue. Cette dichotomie est au cœur de son histoire, un récit qui résonne avec de nombreuses mères d’aujourd’hui.
Tout commence par une image poignante : une boîte à chaussures remplie de lettres d’admission à des programmes d’études supérieures, dont elle n’a jamais eu l’occasion de profiter. À 26 ans, alors qu’elle attendait son premier enfant, elle avait déjà commencé un journal de poésie dont les pages s’arrêtent brusquement. Ce choix de devenir mère à un âge précoce a nécessité d’énormes sacrifices, remplaçant les études et les rêves d’écriture par des couches et des parcs.
« Je les ai aimés farouchement, complètement, avec chaque cellule de mon être depuis le moment où ils ont existé », écrit-elle. Perçue comme « une bonne mère » par son entourage, elle a longtemps caché ses véritables sentiments, pensant que son mélange d’amour et de chagrin la rendait égoïste. Aujourd’hui, elle réalise que ce sentiment d’ambivalence maternelle est partagé par beaucoup d’autres femmes. Des sociologues parlent de regret maternel pour décrire cette lutte intérieure, où l’amour pour les enfants coexiste avec le désir d’une vie différente.
Alors que son dernier enfant quitte le cocon familial, le passé refait surface. En vidant les placards, elle découvre un cahier d’université et pleure la jeune fille pleine d’espoir qu’elle était jadis. À 73 ans, elle affirme avoir acquis le droit de dire à voix haute : « J’ai aimé mes enfants complètement ET j’ai pleuré la personne que je n’ai jamais pu devenir. Les deux choses sont vraies et le restent. »
Ce témoignage résonne d’autant plus lorsque sa fille de 38 ans, enceinte de son troisième enfant, lui confie ses propres inquiétudes : « Maman, et si je me perdais complètement ? » La mère répond avec sagesse, soulignant que l’on peut se perdre temporairement tout en éprouvant un amour incommensurable pour un enfant. Son message s’adresse à toutes les mères : il est possible de porter le regret d’être mère tout en vivant un amour absolu, sans que l’un annule l’autre.
Ce récit personnel invite à une réflexion plus large sur le choix d’être mère, les sacrifices qu’il implique et l’importance de reconnaître les sentiments d’ambivalence qui l’accompagnent. Dans une société où la maternité est souvent idéalisée, il est essentiel d’ouvrir le dialogue sur ces émotions complexes. Les mères, qu’elles soient jeunes ou âgées, peuvent trouver un écho dans cette histoire, rappelant que l’amour et le regret peuvent coexister, enrichissant ainsi la compréhension de la maternité.