Le Ballet Béjart de Lausanne (BBL) a récemment captivé le public d’Istanbul avec sa célèbre interprétation du Boléro de Maurice Ravel, chorégraphiée par le légendaire Maurice Béjart. Quatre représentations ont été programmées dans la ville turque avant une tournée française et internationale. Cette œuvre, devenue un monument de la danse contemporaine, a une fois de plus prouvé son pouvoir d’attraction.
EN BREF
- Le Ballet Béjart présente son Boléro à Istanbul, attirant un large public.
- Julien Favreau, nouveau directeur artistique, souligne la complexité de la chorégraphie.
- La compagnie renoue avec son histoire et se diversifie après une période difficile.
Trente-six danseurs ont ainsi exécuté cette danse collective, symbolisant tantôt un autel, tantôt un bûcher, selon les mots de Julien Favreau. Ce dernier, qui a pris la direction de la compagnie en juin 2024, a exprimé son admiration pour la pièce et son exigence technique. « Pour un danseur, c’est un aboutissement, une consécration », a-t-il déclaré.
La chorégraphie du Boléro est un véritable défi. Les danseurs doivent maintenir l’énergie tout au long des quinze minutes de spectacle. « La difficulté principale est de respecter le crescendo de la partition et de garder l’énergie et le jus intacts jusqu’aux grands sauts », a expliqué Favreau. Chaque mouvement doit être mémorisé avec précision, et la compagnie a choisi de ne pas utiliser de prompteur, ce qui témoigne de leur engagement envers l’excellence artistique.
Le Boléro, créé en 1961 pour une soliste, a depuis été révisé pour intégrer des interprètes variés. Actuellement, trois femmes se relaient dans le rôle principal, bien qu’un danseur puisse bientôt rejoindre cette lignée prestigieuse. Les performances antérieures ont vu des artistes tels que Patrick Dupond et Hugo Marchand briller sur scène.
La représentation à Istanbul a également été l’occasion de découvrir d’autres œuvres du répertoire de Béjart. Parmi elles, L’Oiseau de feu, sur une composition d’Igor Stravinsky, et une création plus récente, Oskar. Ce ballet, imaginé par le duo italien Riva & Repele, met en scène un artiste solitaire dont les rêves se heurtent à la réalité. Oscar Chacon, interprète du rôle-titre, a partagé que cette œuvre résonne profondément avec sa propre expérience de vie.
Julien Favreau a aussi voulu diversifier le répertoire du BBL, invitant des chorégraphes extérieurs pour enrichir la compagnie. Ce choix vise à montrer que le BBL n’est pas seulement associé à Béjart, mais peut également explorer d’autres formes d’expression artistique. « Comme notre L’Oiseau de feu, le phénix a su renaître de ses cendres », a-t-il affirmé, faisant référence aux récentes turbulences auxquelles la compagnie a dû faire face.
En effet, le Ballet Béjart a traversé une période difficile, marquée par des accusations de harcèlement et des problèmes financiers. Cependant, grâce à la résilience de l’équipe, la situation s’est redressée. « Aujourd’hui, nous faisons davantage de tournées, les finances sont au beau fixe et l’ambiance générale est positive », a ajouté Favreau. La diversité des danseurs, issus de dix-sept nationalités différentes, enrichit encore plus cette dynamique.
La représentation à Istanbul n’est pas seulement un spectacle, mais un symbole de renaissance et de vitalité pour le Ballet Béjart. Le public attendait avec impatience ce moment, prêt à se laisser emporter par la magie du Boléro et l’énergie des danseurs.