Procès historique au Brésil : deux politiciens dans le viseur pour le meurtre de Marielle Franco

Le 25 février 2026, le parquet brésilien a ouvert un procès très attendu, visant deux politiciens accusés d’avoir commandité le meurtre de Marielle Franco, une conseillère municipale emblématique de Rio de Janeiro, qui a été abattue en mars 2018. Ce procès, qui intervient huit ans après le crime, marque une étape cruciale dans la quête de justice pour de nombreux Brésiliens.

EN BREF

  • Deux politiciens sont accusés d’avoir commandité le meurtre de Marielle Franco.
  • Le procès a débuté devant la Cour suprême brésilienne, après huit ans d’impunité.
  • Les preuves présentées suggèrent une forte implication des frères Brazao dans le crime.

Marielle Franco, âgée de 38 ans au moment de son assassinat, était une militante des droits de l’homme, connue pour son engagement en faveur des minorités, notamment des Noirs et de la communauté LGBT+. Elle a été tuée alors qu’elle circulait dans sa voiture à Rio de Janeiro, un acte qui a provoqué une onde de choc dans tout le pays et au-delà.

Les frères Chiquinho et Domingos Brazao, tous deux anciens parlementaires, sont désormais dans le collimateur de la justice. Leur rôle présumé en tant que commanditaires a été mis en avant par le vice-procureur Hindenburgo Chateaubriand, qui a affirmé qu’il ne faisait aucun doute de leur « paternité criminelle ». Cette accusation repose sur des éléments de preuve qui, selon l’accusation, démontrent que leur intérêt personnel dans des projets d’accaparement de terres étaient en opposition directe avec les efforts de Franco pour défendre les droits des habitants des favelas.

Le procès se déroule devant la plus haute instance judiciaire du pays, une nécessité due au statut de parlementaire de l’un des accusés au moment des faits. L’issue de ce procès est particulièrement attendue, car elle pourrait ouvrir la voie à une véritable justice pour Marielle Franco et à un changement dans la lutte contre l’impunité au Brésil.

Monica Benicio, la veuve de Marielle Franco, a exprimé son espoir que justice soit faite pour « les auteurs intellectuels » du crime. Elle a souligné que l’écosystème criminel qui a conduit à l’assassinat de sa femme continue d’opérer, laissant les familles des victimes dans l’angoisse.

Les milices, qui ont émergé à Rio de Janeiro comme des groupes de protection, se sont transformées en véritables organisations criminelles, pratiquant l’extorsion et s’accaparant des terres publiques. Ces actions, selon Benicio, sont soutenues par des personnalités politiques, ce qui souligne l’ampleur du problème de la corruption et de l’impunité dans le pays.

Au-delà des frères Brazao, d’autres individus sont également sur le banc des accusés pour leur rôle dans cette affaire. Parmi eux, l’ancien commissaire Rivaldo Barbosa et l’ancien policier Ronald Paulo de Alves, qui sont accusés d’avoir facilité l’impunité des commanditaires. La complexité de cette affaire et l’implication de figures politiques de premier plan en font un cas emblématique de la lutte contre la violence et la corruption au Brésil.

Déjà, en octobre 2024, un jury populaire avait reconnu coupable Ronnie Lessa, le tireur présumé, et son complice Elcio Queiroz, qui a conduit le véhicule lors de l’assassinat. Cette condamnation a été saluée comme un pas en avant, mais le besoin de justice pour les commanditaires reste pressant. Les frères Brazao ont de leur côté nié les accusations, remettant en cause la validité des témoignages contre eux.

Le procès devrait se poursuivre avec des témoignages et des délibérations des juges, qui devront déterminer si les preuves accumulées suffisent à établir la culpabilité des accusés. Pour de nombreux Brésiliens, cette affaire symbolise l’espoir d’un avenir où la justice prévaudra sur l’impunité, un souhait que Marielle Franco aurait sans doute partagé.