Démission de Laurence des Cars : le Louvre face à une crise sécuritaire majeure

Laurence des Cars, présidente du musée du Louvre, a annoncé sa démission à Emmanuel Macron, marquant ainsi un tournant dans la gestion de ce célèbre établissement parisien. Cette décision fait suite à une série de crises ayant mis en lumière des failles inquiétantes dans la sécurité du musée.

EN BREF

  • Laurence des Cars démissionne après le braquage de 2025 au Louvre.
  • Des failles de sécurité révélées par des rapports internes depuis 2017.
  • Des conflits sociaux et une fraude à la billetterie ont aggravé la crise.

Depuis sa prise de fonction en 2021, Laurence des Cars était attendue pour moderniser le Louvre, le musée le plus visité au monde. Toutefois, son mandat a été profondément perturbé par le braquage spectaculaire survenu le 19 octobre 2025. Des voleurs ont réussi à dérober huit bijoux, incluant la couronne de l’impératrice Eugénie, pour un montant total estimé à 88 millions d’euros. Cet incident a révélé des vulnérabilités dans les systèmes de sécurité du musée, suscitant une onde de choc tant au niveau national qu’international.

Le 24 février, Laurence des Cars a officiellement présenté sa démission, qualifiant sa décision de « personnelle » dans un contexte de pression intense. Le vol de 2025 a mis en lumière des lacunes dans la gestion des mesures de sécurité. Un rapport de la Cour des comptes, publié peu après l’incident, a critiqué la direction du musée pour avoir privilégié des projets de prestige au détriment des investissements nécessaires à la sécurité. Seulement 4 % du budget alloué à la sécurité avait été effectivement utilisé.

Des rapports internes, émis depuis 2017, avaient déjà averti sur la vulnérabilité du Louvre, notamment dans la galerie d’Apollon, zone ciblée par le commando lors du braquage. Malgré ces alertes, un manque de ressources et d’équipements adaptés a contribué à une sous-estimation des risques d’intrusion, comme l’a souligné le rapport commandé après le vol. Laurence des Cars a reconnu lors d’une audition sénatoriale : « Avec le recul, on mesure que des fragilités structurelles subsistaient. Je comprends que cela interroge. »

Face à cette situation, Emmanuel Macron a salué la démission de Laurence des Cars comme un « acte de responsabilité ». Il a également indiqué que le musée nécessitait « une nouvelle impulsion forte » et lui a confié la mission de conduire une initiative de coopération muséale dans le cadre de la présidence française du G7.

Le braquage d’octobre n’est pas le seul problème auquel le Louvre fait face. Le climat social au sein du musée s’est également détérioré, avec des grèves qui ont débuté en décembre pour dénoncer les conditions de travail, les disparités salariales et l’état des infrastructures. Les fermetures temporaires de certaines sections du musée et la condamnation de la galerie Campana pour des raisons de sécurité témoignent d’un malaise profond.

Le schéma directeur de sûreté, sans justification, a été reporté, ajoutant à l’incompréhension des employés. Une déléguée syndicale, Valérie Baud de la CFDT, a souligné l’absence de dialogue social de la part de la présidence. Ce constat est partagé par la CGT, qui a longtemps dénoncé la vétusté des installations et le retard de modernisation. Ils s’opposent également au projet « Louvre Nouvelle Renaissance », jugé déconnecté des réalités urgentes du musée.

La crise a été exacerbée par un scandale de fraude à la billetterie, avec un préjudice estimé à plus de 10 millions d’euros. Deux agents et sept complices ont été mis en examen, selon des informations rapportées par l’AFP. Ces événements ont sérieusement fragilisé la gouvernance du musée, transformant le mandat de Laurence des Cars en un parcours semé d’embûches, marqué par des conflits sociaux, des polémiques sur la sécurité et un désaveu croissant de la part du personnel.

Le Louvre se trouve à un tournant critique, et les prochaines étapes de son évolution dépendront de la capacité à résoudre ces crises et à restaurer la confiance au sein de son équipe et auprès du public.