Le Salon de l’Agriculture a ouvert ses portes ce samedi 21 février, marquant la 62e édition de cet événement emblématique pour le secteur agricole français. Chaque année, des centaines de milliers de visiteurs se rendent à cette rencontre pour découvrir les richesses du terroir. Cependant, cette année, le contexte est particulièrement tendu pour les acteurs du monde agricole.
EN BREF
- Karine Duc, co-présidente de la Coordination rurale, critique sévèrement Emmanuel Macron.
- Des syndicats agricoles boycottent l’inauguration du salon en signe de mécontentement.
- Absence de bovins cette année en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse.
Cette édition 2026 se déroule dans un climat de mécontentement croissant. En effet, les agriculteurs, confrontés à des difficultés économiques persistantes, ont intensifié leurs actions pour faire entendre leurs revendications. En début d’année, des manifestations avaient eu lieu à Paris pour protester contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, ainsi que pour exprimer leur désapprobation face à la gestion des crises agricoles et la pression sur leurs revenus.
Lors de l’inauguration du salon, Karine Duc a pris la parole sur BFMTV, ne cachant pas sa colère envers le président de la République. Elle a notamment déclaré : « Ça suffit d’avoir des gens à la tête du pays qui n’en ont strictement rien à faire et qui sont là pour la place. » À travers ses propos, elle a mis en lumière la détresse des agriculteurs, affirmant : « On est en train complètement de crever la gueule ouverte. » Son intervention a résonné comme un cri du cœur pour ceux qui souffrent en silence.
Pour la première fois, l’absence de bovins au salon a été remarquée en raison d’une épidémie qui a frappé le secteur. L’ambiance dans les halls était donc particulièrement calme, mais les tensions étaient palpables, notamment lors du petit déjeuner prévu avec Emmanuel Macron. Deux syndicats agricoles majeurs ont choisi de ne pas participer à cette rencontre, affirmant par là même leur désaccord avec les politiques actuelles.
Karine Duc a également souligné la difficulté d’approcher le président durant l’événement, en raison des nombreuses barrières de sécurité mises en place. Cette situation a exacerbé son indignation : « Je suis désolée, mais à chaque fois que vous le croiserez, il y a au moins deux, trois barrières avant de le croiser. C’est inadmissible. » Son appel à la mobilisation a été clair, incitant le public à huer le président chaque fois qu’il se présentera devant eux.
Les agriculteurs se sentent de plus en plus abandonnés et leur colère ne semble pas prête de s’apaiser. Le Salon de l’Agriculture, habituellement symbole de fierté pour le monde rural, est devenu cette année un lieu de revendications et de tensions, où les voix des agriculteurs continuent de s’élever face à une situation jugée insupportable.
Les prochains jours pourraient être déterminants pour le dialogue entre les agriculteurs et les autorités. Alors que les préoccupations du secteur agricole deviennent de plus en plus pressantes, il est à espérer que des mesures concrètes soient prises pour apaiser les tensions et répondre aux besoins urgents des professionnels. Le Salon de l’Agriculture, tout en célébrant le terroir, doit également être un espace d’échanges constructifs et de dialogue face aux défis d’aujourd’hui.