Manifestations étudiantes en Iran : la contestation renaît dans les universités

Les voix de la jeunesse iranienne s’élèvent à nouveau, marquant une nouvelle phase de contestation qui secoue le pays. Depuis la reprise des cours le 21 février, des manifestations se sont intensifiées dans plusieurs universités de Téhéran et d’autres villes, moins d’un mois et demi après une répression brutale des manifestations de janvier. Les étudiants, qui avaient été privés de cours durant un mois à cause des mouvements de protestation, expriment leur colère face à un régime qu’ils jugent oppressif.

EN BREF

  • Des manifestations étudiantes ont débuté dans plusieurs universités iraniennes.
  • Les slogans scandés incluent « Liberté » et « Mort au dictateur ».
  • Le régime a mis en garde les manifestants contre les « lignes rouges » à ne pas franchir.

Les rassemblements, qui se déroulent dans des établissements tels que l’université Alzahra de Téhéran et l’université Sharif de technologie, ont été marqués par des actes symboliques forts. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des étudiants brûlant le drapeau de la République islamique, tout en brandissant le drapeau de la monarchie, un geste qui rappelle les luttes passées pour la liberté en Iran. Les slogans tels que « Liberté, liberté » et « Etudiants, criez, criez pour vos droits » résonnent dans les couloirs de ces institutions autrefois silencieuses.

Cette montée de contestation est survenue alors que le régime iranien, par la voix de sa porte-parole Fatemeh Mohajerani, a tenté de minimiser la situation. Elle a affirmé que les étudiants ont le droit de manifester, mais a également insisté sur le fait qu’il existe des « lignes rouges » à ne pas franchir, notamment en ce qui concerne le respect des symboles nationaux et des lieux sacrés comme les mosquées.

Les tensions se sont intensifiées, non seulement au sein des universités, mais également dans la société iranienne en général. Les récentes manifestations font suite à une période de deuil de quarante jours pour les victimes des violences de janvier, lors desquelles le bilan reste controversé. Tandis que le régime évoque 3 000 morts, les organisations de défense des droits humains signalent des chiffres bien plus élevés, certains avançant jusqu’à 30 000 victimes.

À l’extérieur des universités, des manifestations pro-régime ont également eu lieu, illustrant un profond clivage au sein de la société iranienne. Les partisans du gouvernement ont été vus en train de scander des slogans tels que « Mort au chah », tandis que les forces de sécurité tentaient de contenir la situation. Ce climat de division et de tension laisse présager une escalade des conflits, tant sur le plan social que politique.

Sur le plan international, cette vague de manifestations coïncide avec des négociations délicates entre l’Iran et les États-Unis, qui se tiennent à Genève. Alors que les États-Unis cherchent à obtenir des garanties sur le programme nucléaire iranien, la République islamique maintient son droit à un usage civil de l’énergie nucléaire, conformément au Traité de non-prolifération. Les divergences entre les deux parties sont importantes, rendant difficile la perspective d’un accord.

Dans ce contexte, les autorités iraniennes ont renforcé leur dispositif militaire, avertissant qu’elles riposteraient avec force à toute intervention étrangère. Les Gardiens de la Révolution ont même mené des exercices militaires dans le Golfe, démontrant leur volonté de défendre la souveraineté nationale face aux pressions extérieures.

Alors que les étudiants continuent de défier le régime, la question demeure : jusqu’où ira cette nouvelle vague de contestation ? L’Iran est à un tournant, et les prochains jours seront cruciaux pour l’avenir du pays et la capacité du régime à maintenir son autorité face à une jeunesse de plus en plus déterminée.