Disparition d’Ismaël Abdelkader : 20 ans après, des révélations troublantes de sa sœur

Vingt ans après la disparition d’Ismaël Abdelkader, sa sœur Myriam partage des révélations qui mettent en lumière les circonstances tragiques entourant la perte de son frère. L’affaire, qui a secoué la région de Morhange en Moselle, soulève encore de nombreuses questions et suscite l’indignation.

EN BREF

  • Myriam Abdelkader évoque des propos alarmants d’Émilien Ricklin, un suspect clé.
  • Le corps d’Ismaël a été retrouvé en 2012, enterré dans le jardin d’un gendarme à la retraite.
  • Un non-lieu a été prononcé en 2015, mais le dossier a été rouvert en 2023.

Le 6 mai 2006, Ismaël Abdelkader, un jeune homme de 25 ans, disparaît après avoir quitté Morhange pour célébrer un anniversaire à Pfetterhouse. Sa famille, inquiète, tente de le joindre par téléphone, mais un inconnu se présente comme Émilien Ricklin. Ce dernier, après avoir d’abord affirmé qu’Ismaël « dort », finit par déclarer qu’il est « sous la douche » avant que la communication ne s’interrompe.

Les mois passent, et les gendarmes prennent la disparition à la légère, arguant que le jeune homme est majeur et qu’il a le droit de s’absenter. Myriam, déterminée, ne baisse pas les bras. Elle remue ciel et terre pour obtenir des informations, mais la situation ne change pas. Ce n’est qu’en juillet 2012 qu’un ami d’Émilien, interrogé dans une enquête distincte, évoque la présence d’un corps dans un jardin. Les gendarmes découvrent alors le squelette d’Ismaël, avec sa carte Vitale dans une poche, enterré à faible profondeur.

La manière dont la famille apprend la nouvelle est particulièrement douloureuse : à travers un article de presse, et non par un appel officiel. Cela renforce leur sentiment d’abandon. Les trois jeunes présents lors de la soirée affirment qu’Ismaël est mort d’une overdose, mais leurs déclarations soulèvent des doutes. Ils admettent avoir caché le corps sous un lit pendant une semaine avant de l’enterrer et de voler ses affaires.

L’autopsie d’Ismaël révèle des blessures troublantes, y compris une fracture de l’os hyoïde et des phalanges brisées. Myriam dénonce le fait que les gendarmes aient déterré le corps sans précautions, compromettant ainsi les analyses. Elle accuse les autorités d’avoir maquillé un meurtre en overdose, ajoutant que le contexte social et le racisme sont des facteurs déterminants dans cette affaire.

Myriam souligne que, dans le village, beaucoup savaient qu’Ismaël était enterré chez la famille Ricklin. Elle rapporte des propos inquiétants, laissant entendre que son frère était perçu comme un délinquant. « Si ça s’était appelé Delacroix, je pense qu’il y aurait eu beaucoup plus d’investigations », déclare-t-elle, illustrant ainsi l’inégalité dont elle estime avoir été victime.

Suite à un non-lieu prononcé en 2015, l’affaire semble s’enliser. Cependant, en 2023, avec l’aide de son avocat, Thomas Hellenbrand, Myriam parvient à obtenir la réouverture du dossier. « Nous avons eu de l’espoir », confie-t-il, bien que les investigations restent jugées insuffisantes. Une nouvelle plainte pour « non-dénonciation de crime » vise plusieurs personnes, dont des proches du suspect.

Alors que l’attente d’une avancée dans l’enquête continue, Myriam Abdelkader reste déterminée : « Je ne lacherai pas. » Son combat pour la vérité et la justice pour son frère, disparu dans des circonstances si troublantes, est loin d’être terminé.