Peines de prison allant de 24 ans à la perpétuité pour un double homicide à Saint-Ouen

Le 25 février 2023, la cour d’assises spéciale de Seine-Saint-Denis a prononcé des peines allant de 24 ans à la réclusion à perpétuité à l’encontre de cinq hommes impliqués dans un double homicide sur fond de narcotrafic survenu en 2020 à Saint-Ouen, en banlieue parisienne. Ce drame a coûté la vie à Tidiane, âgé de 17 ans, et à Sofiane, âgé de 25 ans, qui ont été abattus dans une cave de la cité Soubise.

EN BREF

  • Cinq hommes condamnés pour un double homicide lié au narcotrafic à Saint-Ouen.
  • Penailles variant de 24 ans à la perpétuité, dont un fugitif présumé commanditaire.
  • Les faits remontent au 14 septembre 2020, lors d’un bilan financier du trafic.

Les faits se sont déroulés le 14 septembre 2020, à 23h30, lorsque Tidiane et Sofiane ont été abattus alors qu’ils réalisaient un bilan financier du trafic de stupéfiants. Le principal accusé, El Mehdi Zouhairi, surnommé « Malsain », a été jugé absent car en fuite au Maroc. Cette condamnation a été prononcée après un procès de trois semaines et demie, durant lequel les jurés ont dû examiner les éléments d’une affaire complexe liée à la rivalité entre clans de narcotrafiquants.

La cour a infligé la peine la plus lourde, à savoir une réclusion à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans, à El Mehdi Zouhairi. Ce dernier était identifié comme le commanditaire des meurtres, après avoir dirigé le point de deal de la cité des Boute-en-Train, en lutte contre le clan des Gacem, qui a longtemps dominé le trafic dans cette région. Son implication dans ce double homicide découle d’un conflit d’intérêts, notamment suite à un changement d’alliance de la part du frère de Sofiane, décidé à rejoindre le clan rival.

Les jumeaux Samuel et Jérémy Y. ont également été condamnés à 30 ans de réclusion, considérés comme intermédiaires entre « Malsain » et les tireurs. Ils n’ont pas été présents lors de la majorité des débats, ayant été expulsés quotidiennement pour des raisons de santé. La cour a également condamné Saad E.A. à la même peine que les jumeaux, tandis qu’Yves-André N., le seul à avoir reconnu les faits, a écopé de 24 ans de prison, ce qui représente la peine la plus légère parmi les accusés.

Les peines prononcées sont en adéquation avec celles requises par les avocates générales. Elles avaient demandé 25 ans de prison avec une sûreté des deux tiers pour Yves-André N. et la perpétuité pour les autres. À noter que tous les condamnés, à l’exception d’Yves-André N., faisaient également face à des charges pour une tentative de meurtre à l’arme automatique sur six personnes, quelques semaines après le double homicide.

Ce verdict souligne la gravité des actes liés au narcotrafic et les conséquences tragiques qui en découlent. La lutte contre le trafic de stupéfiants, particulièrement dans les zones sensibles comme Saint-Ouen, demeure un défi majeur pour les autorités judiciaires et policières.