À partir de mars 2026, les démarches pour obtenir une pension de réversion s’apprêtent à devenir beaucoup plus simples pour les veuves et veufs en France. Cette initiative vise à alléger le fardeau administratif qui pèse sur les bénéficiaires, souvent confrontés à des situations difficiles suite au décès de leur conjoint.
EN BREF
- La demande de pension de réversion sera simplifiée à partir de mars 2026.
- Les bénéficiaires recevront des formulaires préremplis, limitant les démarches.
- Plus de quatre millions de Français sont concernés, majoritairement des femmes.
La pension de réversion, qui représente une partie de la retraite d’un conjoint décédé, est un droit essentiel pour de nombreux Français. Actuellement, pour en bénéficier, il faut remplir plusieurs conditions, notamment avoir au moins 55 ans et ne pas dépasser un revenu annuel de 25 000 euros pour une personne vivant seule. En dépit de ces critères, ce sont plus de quatre millions de personnes qui touchent cette pension, dont 90 % sont des femmes. Cette prédominance s’explique par une espérance de vie plus élevée et des inégalités salariales persistantes.
Malheureusement, obtenir cette pension n’est pas une procédure automatique. Les bénéficiaires doivent initier la demande, un processus qui s’avère souvent complexe. En 2022, le Défenseur des droits a révélé qu’une personne sur sept abandonnait sa demande en raison de la difficulté des démarches. Ce constat a conduit le ministère du Travail à s’engager à simplifier ce processus d’ici 2026, promesse qui sera tenue avec l’arrivée de nouveaux formulaires.
Comme l’a récemment indiqué le site MoneyVox, à partir de mars 2026, l’Assurance retraite enverra des formulaires préremplis aux personnes souhaitant demander une pension de réversion. Cette modification devrait contribuer à réduire les délais de traitement, diminuer le nombre d’erreurs et alléger les exigences en matière de pièces justificatives. L’objectif est également d’améliorer la dématérialisation des démarches, un aspect essentiel pour de nombreux bénéficiaires souvent éloignés du numérique.
Cette simplification est rendue possible grâce à l’implémentation du dispositif de ressources mensuelles (DRM) par la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (Cnav). Ce système repose sur les données fournies par les employeurs, les organismes de protection sociale et les caisses d’allocations familiales. Ainsi, les veuves et veufs n’auront plus à renseigner eux-mêmes leurs ressources, ce qui devrait faciliter considérablement le processus.
Il est intéressant de noter que ce même dispositif a déjà été utilisé pour simplifier l’attribution de certaines aides sociales, telles que le RSA et la prime d’activité, en mars 2025, dans le cadre d’un projet gouvernemental baptisé « solidarité à la source ».
Pour les demandes de retraite de réversion, les bénéficiaires recevront un formulaire qu’ils devront simplement vérifier et corriger si des erreurs y figurent. Cette approche a déjà été testée pour les demandes d’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qui bénéficient de ces nouvelles modalités depuis janvier 2026.
Cette initiative marque un pas significatif vers une meilleure accessibilité des droits sociaux pour les veuves et veufs en France, illustrant un souci de modernisation de l’administration face à des enjeux sociétaux croissants.