Vandalisme à Drancy : deux croix gammées profanent un lieu de mémoire

Le 26 février, la ville de Drancy, située en Seine-Saint-Denis, a été le théâtre d’un acte de vandalisme choquant. Deux croix gammées ont été taguées dans la cité de la Muette, un ancien camp de transit où près de 63 000 Juifs ont été internés durant la Seconde Guerre mondiale avant leur déportation vers Auschwitz-Birkenau.

EN BREF

  • Deux croix gammées ont été taguées à Drancy, dans un ancien camp de transit juif.
  • Les riverains et élus expriment leur indignation face à cet acte de profanation.
  • Des signalements ont été faits à la justice et aux associations mémorielles.

Les tags ont été découverts dans deux halls d’immeuble distincts. L’un d’eux, d’un diamètre de quelques centimètres, se trouve au rez-de-chaussée, tandis que l’autre, mesurant près d’un mètre, est visible au cinquième étage d’un bâtiment en cours de réhabilitation. Moussa Cissokho, résident de l’immeuble, a exprimé son choc : « C’est très choquant. Je ne sais pas ce qu’ils cherchent contre les Juifs. Pourtant, les Juifs n’ont rien fait, ils ne font pas de mal à personne ici. »

Gokhan Unver, candidat de la liste LFI-PCF à la mairie de Drancy, a été le premier à signaler ces actes de vandalisme. Il a découvert les croix lors d’une opération de porte-à-porte et a immédiatement averti le bailleur ainsi que les associations mémorielles. Dans ses déclarations, il a souligné la gravité de ces gestes dans un quartier qui a été le témoin d’un passé tragique. « Dans ce quartier, autrefois camp de transit des victimes de la Shoah, ces actes sont d’une gravité absolue », a-t-il affirmé.

Trois élues communistes de la ville, en collaboration avec des associations mémorielles, ont déposé un signalement à la justice. L’Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD) a également fait part de son indignation sur Facebook, condamnant fermement cet acte « inqualifiable » et appelant à la solidarité pour préserver la mémoire des victimes.

Dans un contexte où les valeurs de la Libération sont souvent remises en question, l’AFMD a exprimé son inquiétude : « En cette période dangereuse où les valeurs issues de la Libération sont remises en question pour préparer des matins bruns, nous en appelons aux responsables et autorités pour tout faire afin que les profanateurs soient rattrapés et condamnés. »

Le camp de Drancy, principal point de départ des déportations juives de France entre 1941 et 1944, reste un symbole fort de la mémoire collective. Les profanations récentes, comme celle des croix gammées, ravivent des souvenirs douloureux pour les survivants et les descendants des familles touchées par la Shoah. L’AFMD a rappelé que « ce lieu qui a vu près de 63 000 Juifs internés avant d’être déportés vers les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau est un site de mémoire essentiel ».

Il est à noter qu’un mémorial proche du site a déjà été vandalisé en mars 2024. Par ailleurs, des actes similaires ont été constatés au mur des Justes du mémorial de la Shoah à Paris, qui avait été dégradé avec des tags de mains rouges. Dans cette affaire, quatre Bulgares avaient été condamnés à des peines de prison, l’instruction ayant mis en lumière une possible « action de déstabilisation orchestrée par les services de renseignement » russes. Ces événements soulignent la nécessité d’une vigilance accrue face à la montée de l’antisémitisme et à la protection des lieux de mémoire.