Une étude récente de l’Insee révèle une disparité salariale persistante entre les hommes et les femmes en France. En 2024, les femmes gagnent en moyenne 21,8 % de moins que leurs homologues masculins, une situation qui soulève des interrogations sur les causes et les conséquences de cette inégalité.
EN BREF
- Les femmes gagnent en moyenne 22 060 euros, contre 28 220 euros pour les hommes.
- Les écarts de temps de travail et la répartition des emplois expliquent cette disparité.
- 54,5 ans seraient nécessaires pour résorber entièrement cet écart, si le rythme actuel se poursuit.
En 2024, le salaire moyen des femmes, corrigé de l’inflation, s’élève à 22 060 euros, tandis que celui des hommes atteint 28 220 euros. Cette différence de 21,8 % ne se limite pas seulement à des facteurs de temps de travail, où les femmes sont souvent moins présentes sur le marché du travail et plus souvent à temps partiel. Selon l’Insee, même lorsque les femmes et les hommes occupent des postes équivalents, les femmes perçoivent un salaire moyen inférieur de 14 %.
La répartition genrée des professions joue également un rôle majeur dans cette inégalité. L’étude souligne que les femmes ne se retrouvent pas dans les mêmes secteurs d’activité que les hommes et ont moins accès aux postes les plus rémunérateurs. En 2024, elles représentaient 42 % des postes salariés du secteur privé en équivalent temps plein, mais seulement 24 % des 1 % des postes les mieux payés.
Pour des emplois similaires au sein d’une même entreprise, l’écart salarial persiste, bien qu’il soit moins marqué, à hauteur de 3,6 %. Ce constat met en lumière la complexité des facteurs contribuant à cette inégalité salariale, qui ne se limite pas à un simple écart de salaire brut.
Une analyse plus fine des inégalités en fonction de la situation familiale révèle que les femmes sans enfant gagnent en moyenne 13,8 % de moins que les hommes sans enfant. De plus, le temps de travail et le salaire net des femmes sont également inférieurs. En effet, avec un enfant à charge, le revenu net des femmes est en moyenne 22,5 % moins élevé, et leur volume de travail est réduit de 10,4 %.
Bien que des progrès aient été réalisés depuis 1995, avec une réduction d’un tiers des inégalités salariales, le chemin reste long. En 2024, l’écart de revenu s’est réduit de seulement 0,4 point, une diminution moins rapide que celle observée entre 2019 et 2023.
Si le taux de réduction actuel se maintient, il faudrait 54,5 ans pour que l’écart moyen entre les salaires des hommes et des femmes soit entièrement comblé. Ce constat soulève des préoccupations quant à la lenteur des changements dans la dynamique salariale et professionnelle entre les sexes.
Les experts s’accordent à dire qu’il est crucial pour les femmes de prendre conscience des enjeux financiers qui les concernent, notamment en matière de gestion de leurs revenus et de leurs carrières. La sensibilisation à ces inégalités est essentielle pour initier des changements significatifs, tant au niveau individuel qu’institutionnel.
Face à ces chiffres alarmants, il est impératif d’agir afin de réduire ces inégalités et de promouvoir une véritable équité salariale. La lutte pour des salaires justes et équitables est un enjeu social majeur qui nécessite l’engagement de tous.