Lors de la cérémonie des César, qui s’est déroulée le 26 février 2025 à l’Olympia, le comédien Emmanuel Curtil, connu pour être la voix française de Jim Carrey depuis près de trente ans, a exprimé ses inquiétudes concernant l’usage croissant de l’intelligence artificielle dans le domaine artistique. En s’adressant directement à la nouvelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, présente dans le public, il a plaidé pour des mesures législatives visant à protéger les artistes.
EN BREF
- Emmanuel Curtil demande des lois pour protéger les artistes de l’IA.
- Il souligne l’importance des voix humaines pour le doublage.
- Catherine Pégard, ministre de la Culture, était présente à l’événement.
Au cours de son discours, Emmanuel Curtil a souligné que **85 %** du public français privilégie les versions doublées en français, rappelant ainsi l’importance d’une interprétation authentique. « Des acteurs aussi incroyables que Jim Carrey doivent être doublés par de vrais comédiens, pas par de l’intelligence artificielle », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’émotions humaines pour un public humain. Curtil a exprimé son souhait que la ministre accepte de le rencontrer pour discuter des enjeux liés à l’IA et à son impact sur le secteur artistique.
« Il faut légiférer, protéger les artistes et le public plutôt que les intérêts des géants de la tech », a-t-il exhorté, mettant en avant la nécessité d’une régulation stricte de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine du doublage et plus largement dans la culture. Cette déclaration a résonné auprès des professionnels présents et soulève une question cruciale : comment garantir que la technologie ne remplace pas l’humain dans un secteur aussi sensible que l’art ?
La présence de Catherine Pégard, récemment nommée à la tête du ministère de la Culture, a été perçue comme une opportunité pour faire entendre la voix des artistes. Curtil a exprimé l’espoir que ce nouveau mandat serait l’occasion de réfléchir à des solutions concrètes pour protéger les droits des artistes face à la montée de l’intelligence artificielle.
Cette intervention de Curtil s’inscrit dans un contexte plus large de débats sur la place de la technologie dans notre société. De nombreux experts et acteurs du secteur culturel s’interrogent sur les implications de l’IA non seulement pour le doublage, mais aussi pour la création artistique en général. À l’heure où les avancées technologiques bouleversent nos habitudes de consommation culturelle, la question de la protection des créateurs devient de plus en plus pressante.
La cérémonie des César a donc été le théâtre de cette prise de parole forte, témoignant d’une prise de conscience collective. Les artistes, représentés par des figures emblématiques comme Emmanuel Curtil, semblent déterminés à défendre leur art et à faire entendre leurs préoccupations face aux évolutions technologiques. À l’heure où les frontières entre l’humain et la machine s’estompent, il est essentiel de préserver l’authenticité et la richesse des émotions humaines dans la culture.
Alors que le secteur culturel est en pleine mutation, les propositions de Curtil pourraient ouvrir la voie à des discussions essentielles sur l’avenir de l’art et de la création. La mobilisation des artistes et des responsables politiques sera cruciale pour établir un cadre législatif qui garantisse la pérennité de la créativité humaine à l’ère numérique.