Allergies aux pollens : attention aux draps étendus au printemps

Avec l’arrivée des premiers rayons de soleil et la hausse des températures, de nombreux Français adoptent un réflexe bien ancré : étendre le linge au balcon pour profiter d’une douce odeur de frais. Toutefois, pour les 25 % de Français souffrant d’allergies au pollen, ce geste apparemment anodin peut provoquer des désagréments majeurs pendant la saison des pollens.

EN BREF

  • Les draps étendus à l’extérieur peuvent piéger des pollens allergisants.
  • Un seul gramme de pollen contient des millions de grains, aggravant les symptômes.
  • Il est préférable de sécher le linge à l’intérieur lors des pics de pollen.

Les symptômes d’allergie, tels que nez bouché, gorge irritée et yeux gonflés, peuvent survenir même si les fenêtres restent fermées. Nombreux sont ceux qui pensent que la pollution ou les animaux en sont les causes principales. Pourtant, la véritable source de ces désagréments se cache souvent dans les draps et serviettes tout juste lavés. Ce problème se manifeste particulièrement dès le mois de mars, sans que l’on s’en rende compte.

Entre mars et juin, divers arbres, notamment l’aulne et le bouleau, ainsi que les graminées, l’armoise, l’ambroisie et l’olivier, libèrent des nuages de pollens microscopiques. Les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) actualisent quotidiennement un indice pollen, qui varie de « très faible » à « extrêmement élevé », et qui est mis à jour chaque jour à 13h00 pour le jour même et les deux jours suivants.

Les risques liés au séchage extérieur

Le Réseau National de Surveillance Aérobiologique rappelle qu’en période de pollinisation, l’évitement reste la première « médecine ». Un gramme de pollen peut contenir plusieurs millions de grains. Lorsque vous étendez votre linge humide à l’extérieur, l’humidité attire ces particules, qui se fixent ensuite sur les tissus grâce à l’électricité statique. Les draps agissent alors comme un filtre géant, capturant tout ce qui flotte dans l’air.

Une fois le linge sec, ces grains de pollen demeurent accrochés dans les fibres. Lorsque vous ramenez ces draps dans votre chambre, vous les amenez directement sur votre oreiller ou votre couette, augmentant ainsi votre exposition pendant la nuit. De nombreux allergiques décrivent un scénario classique : une belle journée au soleil, des draps étendus au jardin, puis un réveil difficile avec les yeux collés et le nez en feu.

Conseils pour limiter l’exposition

Les autorités sanitaires partagent le même message. Comme l’indique la préfecture du Rhône, citée par rhone.gouv, « il est recommandé d’éviter de faire sécher le linge à l’extérieur… le pollen se dépose et se fixe sur les surfaces humides. » En milieu urbain, le danger est tout aussi présent : la pollution fragilise la paroi des grains de pollen, libérant des protéines allergisantes encore plus agressives. Un balcon urbain expose donc autant qu’un fil à linge en pleine nature.

Avant de lancer une lessive lors d’une journée ensoleillée, il est sage de vérifier l’indice pollen de votre commune via la plateforme Pollens.fr, alimentée par les AASQA. Si le niveau est « élevé », « très élevé » ou « extrêmement élevé », il est préférable d’opter pour un séchage entièrement à l’intérieur, notamment pour le linge de lit, même si cela prend plus de temps.

Pour réduire au maximum votre exposition chez vous, quelques gestes simples peuvent faire une grande différence. Par exemple, il est conseillé de se changer de vêtements après avoir été à l’extérieur, de garder les fenêtres fermées durant les pics de pollen et de passer l’aspirateur régulièrement dans la maison. Ces petites habitudes peuvent contribuer à un meilleur confort respiratoire tout au long de la saison.