Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, a suscité une vive controverse lors d’un meeting à Lyon ce jeudi soir en plaisantant sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein, un pédocriminel américain. Cette remarque a été interprétée par de nombreux responsables politiques comme un relan d’antisémitisme, provoquant une avalanche de réactions de la part de la classe politique française.
EN BREF
- Jean-Luc Mélenchon ironise sur Jeffrey Epstein, suscitant des accusations d’antisémitisme.
- De nombreux politiques condamnent ses propos, appelant à faire barrage à LFI.
- Le leader insoumis défend ses paroles en dénonçant une « cabale » contre lui.
Lors de son intervention, Mélenchon a souligné une prononciation jugée erronée du nom d’Epstein, ce qui a immédiatement enflammé les débats. Le président du Crif, Yonathan Arfi, a été l’un des premiers à réagir, dénonçant une manipulation complotiste à caractère antisémite. « N’en déplaise à J.-L. Mélenchon, un élève de 5e sait qu’en anglais, ‘Epstein’ se prononce ‘Epstine' », a-t-il tweeté, ajoutant que les journalistes ne font que prononcer un nom américain.
La ministre de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, Aurore Bergé, a également réagi avec force, qualifiant Mélenchon d’antisémitique et appelant la population à ne pas soutenir La France insoumise aux élections municipales. « Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en trois lettres : L-F-I. Face à LFI, il n’y a qu’une seule attitude possible : le combat », a-t-elle affirmé sur X.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a également condamné les propos de Mélenchon, les qualifiant d’« abjects ». Il a souligné que Mélenchon jouait sur une ambiguïté qui n’en est pas une. L’ancien ministre Bernard Cazeneuve a ajouté que de tels propos, dans une ville symbole de la résistance comme Lyon, sont indignes.
Gabriel Attal, député Renaissance, a quant à lui jugé que toutes les limites avaient été franchies. « L’antisémitisme est une monstruosité. En user est une honte », a-t-il déclaré, tandis que Valérie Pécresse a estimé que Mélenchon ne faisait pas que déraper, mais qu’il avait une stratégie bien définie.
Les réactions se sont multipliées, y compris du côté de la gauche. Marine Tondelier, Secrétaire nationale des Écologistes, a exprimé son indignation, affirmant : « Non mais ça va pas non ! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant. » Olivier Faure, leader des socialistes, a également pointé du doigt le caractère systémique des propos antisémites au sein de certains discours politiques.
En revanche, Mélenchon a reçu du soutien de certains membres de son parti. Paul Vannier, député LFI, a dénoncé les réactions contre Mélenchon, arguant que ceux qui critiquent le leader insoumis ne comprennent pas son engagement contre l’antisémitisme.
Pour sa part, Mélenchon a tenté de clarifier ses propos, affirmant qu’il avait simplement voulu ironiser sur la manière dont son nom était utilisé à des fins politiques. « La brutalisation de la vie politique est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d’insultes », a-t-il ajouté, dénonçant une réaction disproportionnée.
Ce nouvel épisode met en lumière les tensions croissantes au sein du paysage politique français, où la lutte contre l’antisémitisme reste un sujet sensible. Les accusations portées contre Mélenchon viennent rappeler l’importance d’une vigilance constante face aux relents d’antisémitisme qui peuvent surgir, même dans le discours politique.