La famille de Sarah Halimi demande la réouverture du dossier de son meurtre

Un nouvel épisode judiciaire pourrait bien relancer l’affaire de la mort tragique de Sarah Halimi, cette sexagénaire juive tuée à Paris en 2017. La famille de la victime, en proie à une profonde douleur depuis le décès brutal de leur proche, a exprimé son désir de voir le dossier réouvert suite à des développements récents. En effet, Kobili Traoré, le principal accusé, a été placé en garde à vue le 26 février 2023 pour des faits de vol à main armée et de séquestration.

EN BREF

  • Kobili Traoré, meurtrier présumé de Sarah Halimi, a été arrêté pour des faits violents.
  • La famille espère une réouverture du dossier pour contester son irresponsabilité pénale.
  • Des éléments nouveaux pourraient remettre en question l’évaluation psychiatrique de Traoré.

Olivier Pardo, l’avocat de la famille Halimi, a exprimé son effroi face à la situation actuelle. Dans un communiqué, il a déclaré : « C’est avec stupéfaction et effarement que nous avons appris que l’assassin et le bourreau de Sarah Halimi a été placé en garde à vue pour des faits particulièrement violents. » Cette annonce a ravivé les douleurs et les frustrations de la famille, qui n’a jamais accepté le verdict de la justice concernant l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré.

Traoré, dont le nom a refait surface dans un communiqué du parquet de Paris, est mis en cause dans une affaire d’enlèvement, séquestration et vol avec arme. Ces crimes, passibles de 20 ans de réclusion, ont conduit à une demande de détention provisoire pour lui et ses deux complices. Maître Muriel Ouaknine-Melki, avocate du frère de Sarah Halimi, a déclaré : « C’est un gros choc et, en même temps, on n’est pas vraiment étonnés. » Cette réaction témoigne de la lutte continue de la famille pour obtenir justice.

Il convient de rappeler que Kobili Traoré avait commis l’irréparable en 2017, en agressant Sarah Halimi au cri de « Allah Akbar » avant de la jeter du balcon de son appartement. Malgré la reconnaissance de la nature antisémite de ce meurtre, la Cour de cassation avait confirmé en avril 2021 qu’aucun procès n’avait lieu, en raison du diagnostic d’une « bouffée délirante » retenu par les expertises psychiatriques.

Neuf ans après les faits, Kobili Traoré et deux complices présumés seraient intervenus fin janvier chez une personne avec qui ils avaient des liens liés à des affaires de stupéfiants. Ils sont accusés d’avoir aspergé la victime de gaz lacrymogène et de l’avoir violentée avant de dérober plusieurs objets de valeur. La famille Halimi s’indigne de la permission de sortie dont a bénéficié Traoré, soulignant que cela démontre l’énorme nécessité de rouvrir son dossier.

Cette demande de réouverture du dossier pourrait être soutenue par de nouvelles expertises psychiatriques. Un psychiatre a récemment attesté que Kobili Traoré ne présentait pas de symptomatologie aiguë lors de sa garde à vue, ce qui pourrait remettre en question le diagnostic d’irresponsabilité pénale établi lors de son procès initial.

Maître Pardo a affirmé que des éléments nouveaux seraient présentés pour démontrer que les actes de Traoré étaient prémédités, ce qui contredirait l’idée d’une abolition de son discernement. Il a précisé que son cabinet travaille sur ces nouveaux éléments depuis plusieurs mois, et il espère qu’ils permettront de rétablir la vérité sur la mort de Sarah Halimi.

La famille Halimi continue de lutter pour que le calvaire de Sarah Halimi ne demeure pas impuni. L’avocat de la famille conclut : « Le calvaire et l’assassinat de Sarah Halimi ne peuvent rester impunis. » Cette affaire, toujours très sensible en France, suscite de nombreuses interrogations sur la justice et son traitement des crimes à caractère antisémite.