Interpellation de Kobili Traoré : la famille Halimi espère un procès réouvert

La récente interpellation de Kobili Traoré, principal suspect dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi, a ravivé les espoirs de la famille de la victime pour un procès. Traoré, qui avait été jugé pénalement irresponsable en raison de son état mental au moment des faits, a été arrêté dans une nouvelle affaire de séquestration, ce qui soulève des questions sur sa mise en liberté.

EN BREF

  • Kobili Traoré a été interpellé dans une affaire de séquestration.
  • La famille Halimi souhaite la réouverture du dossier de l’assassinat de Sarah Halimi.
  • Des éléments nouveaux pourraient permettre de contester la décision de non-lieu.

Le parquet de Paris a annoncé que Kobili Traoré, ainsi que deux complices présumés, comparaîtrait devant un juge d’instruction en vue d’une mise en examen pour des faits graves : enlèvement, séquestration et vol avec arme. Ces crimes sont passibles de 20 ans de réclusion. La décision du parquet de requérir leur détention provisoire souligne la gravité de la situation.

Le meurtre de Sarah Halimi, survenu en 2017, avait suscité une très vive émotion en France. Âgée de 65 ans, elle avait été agressée par Kobili Traoré, qui l’avait rouée de coups avant de la jeter par la fenêtre de leur immeuble, tout en proférant des cris tels que « Allah Akbar ». Bien que la Cour de cassation ait confirmé en avril 2021 l’absence de procès, reconnaissant la nature antisémite de l’agression, cette décision avait provoqué une onde de choc dans l’opinion publique.

Dans le cadre de la nouvelle affaire dont il fait l’objet, Kobili Traoré est accusé d’avoir séquestré une personne avec laquelle il avait un litige financier, après l’avoir aspergée de gaz lacrymogène. Les agresseurs ont également volé des objets de valeur dans l’appartement de la victime. La famille Halimi a exprimé son indignation face à l’utilisation de la liberté dont a bénéficié Traoré pour commettre de nouveaux actes de violence.

Me Olivier Pardo, l’avocat de la famille Halimi, a fait part de son « stupéfaction » quant à cette situation, d’autant plus que Traoré était censé être sous « hospitalisation sous contrainte » à la suite de son précédent jugement. Il a souligné que la nécessité de rouvrir le dossier de Sarah Halimi est plus que jamais d’actualité, en raison de nouveaux éléments qui pourraient contredire l’évaluation psychiatrique initiale du meurtrier.

Des initiatives juridiques seront envisagées dans les semaines à venir pour tenter de rétablir la justice dans cette affaire. Me Pardo a indiqué que des éléments nouveaux, qui seront réservés à la justice, pourraient permettre de rouvrir le dossier. Il a également comparé cette situation à l’affaire Epstein, une analogie qui a suscité des réactions mitigées.

Me Thomas Bidnic, l’avocat de Kobili Traoré, a vivement contesté cette comparaison. Selon lui, la nouvelle affaire n’a aucun lien avec celle de Sarah Halimi et il n’existe pas d’éléments nouveaux susceptibles de réexaminer une affaire déjà tranchée par la Cour de cassation. Il a également insisté sur le fait que Traoré n’a pas fait valoir l’abolition de son discernement dans le cadre de cette nouvelle interpellation.

La complexité de cette affaire met en lumière les défis rencontrés par le système judiciaire face aux questions de santé mentale et de responsabilité pénale. Alors que la famille Halimi appelle à la justice, la société reste divisée sur la manière de traiter ces cas délicats, où les éléments d’irresponsabilité pénale se mêlent à des actes de violence insupportables.

L’issue de cette affaire pourrait avoir des répercussions importantes sur la perception de la justice en France, particulièrement dans des cas sensibles liés à l’antisémitisme et à la violence. La famille de Sarah Halimi espère qu’enfin, la lumière sera faite sur ce drame qui a laissé des cicatrices indélébiles.