Le 8 décembre 2018, les Champs-Élysées se sont transformés en un champ de bataille lors des manifestations des gilets jaunes. C’est au cœur de ce chaos qu’Alexandre Frey, un manifestant de Picardie, a perdu un œil. Aujourd’hui, l’espoir d’une avancée dans son dossier se renforce grâce à une décision récente de la cour d’appel de Paris.
EN BREF
- La cour d’appel a ordonné la reprise de l’enquête sur la blessure d’Alexandre Frey.
- Frey a été touché à l’œil par un tir lors des manifestations de décembre 2018.
- Des éléments nouveaux pourraient pointer vers la responsabilité d’un policier.
Initialement, l’information judiciaire ouverte suite à l’incident avait été close par un non-lieu en juillet 2025, la juge d’instruction Katia Dubreuil ayant jugé que les investigations n’avaient pas permis d’identifier le tireur. Cependant, la cour d’appel a récemment estimé que l’enquête ne pouvait être considérée comme complète, relançant ainsi une procédure qui semblait quasiment arrêtée.
Cette décision a été accueillie avec soulagement par Me Yassine Bouzrou, l’avocat d’Alexandre Frey. Selon lui, il est crucial de faire reconnaître non seulement la responsabilité du tireur, mais également celle de sa hiérarchie qui, ce jour-là, avait donné des instructions pour « impacter un maximum de monde ». Cette déclaration jette un éclairage inquiétant sur le commandement des forces de l’ordre pendant cette période tumultueuse.
Ce jour-là, Alexandre Frey et ses amis se sont retrouvés pris au piège dans une ambiance déjà très tendue sur les Champs-Élysées, avec des barricades en feu et des vitrines brisées. Alors qu’il tentait de s’éloigner des affrontements, il a été touché à l’œil par un tir dont il n’a pas perçu la provenance. Il a confié aux enquêteurs qu’il n’avait pas entendu de sommation et n’avait pas commis d’acte de violence.
L’enquête a révélé des éléments troublants, notamment l’envoi d’une lettre anonyme désignant un commandant de police ayant donné l’ordre de tirer sans qu’il y ait de menace imminente. Les témoignages des policiers et des manifestants, ainsi que les images vidéo, n’ont jusqu’à présent pas permis d’établir la responsabilité d’un individu précis.
Pourtant, la cour d’appel a mis en avant plusieurs pistes qui n’avaient pas été suffisamment explorées. Parmi celles-ci, un rapport d’un gardien de la paix, rempli près de deux mois après les faits, qui attestait avoir tiré avec un lanceur de balle de défense (LBD) sur une personne considérée comme menaçante. Ce rapport concorde avec les blessures d’Alexandre Frey, laissant entrevoir la possibilité de nouvelles avancées dans l’enquête.
Les éléments rassemblés et les témoignages recueillis seront à nouveau examinés. La cour d’appel a souligné que ces indices pourraient constituer des preuves suffisantes pour identifier le tireur. L’avenir de cette enquête pourrait ainsi changer le cours des événements pour Alexandre Frey, qui attend depuis trop longtemps justice.
Alors que l’affaire est à nouveau sur le devant de la scène, elle soulève des interrogations sur l’usage de la force par les forces de l’ordre et la manière dont les enquêtes sur les violences policières sont menées. Alexandre Frey, aujourd’hui père de famille, espère que la lumière sera enfin faite sur cette journée tragique de décembre 2018.