Le 1er mars 2026, plusieurs milliers d’Iraniens se sont réunis à Paris pour manifester contre la République islamique d’Iran. Cet élan de mobilisation fait suite aux récentes attaques des États-Unis et d’Israël qui ont conduit à la mort du guide suprême, Ali Khamenei. Dans un climat d’optimisme mêlé de prudence, les manifestants expriment leur espoir de voir leur pays libéré du régime en place.
EN BREF
- Environ 4.000 Iraniens ont manifesté à Paris contre le régime iranien.
- La mort d’Ali Khamenei est célébrée, mais des appels à la prudence sont formulés.
- Des voix s’élèvent contre l’intervention militaire étrangère en Iran.
Les manifestants, venus pour la plupart de la diaspora iranienne, ont défilé entre la place de la Bastille et celle des Pyramides, brandissant des drapeaux de la monarchie iranienne, ainsi que des drapeaux israéliens, américains et français. Au cœur de cette mobilisation, une banderole proclamant « Iran, vie, liberté avec Reza Pahlavi » a ouvert le cortège. Ce dernier, héritier du shah d’Iran, est perçu par certains comme un potentiel leader pour une transition démocratique.
Parmi les participants, Suzie Ziai, une Iranienne exilée en France depuis 1980, exprime son espoir : « C’est le début de la fin. Mais il ne faut pas trop danser, il faut maintenant que le régime tombe. » Pour elle, même si vivre en France lui apporte un certain soulagement, le poids du régime iranien reste lourd à porter.
Rama Ekhtiari, une autre manifestante, partage cet optimisme mesuré : « On est venu fêter la mort de Khamenei, mais nous continuons de nous battre pour que le régime tombe. » Elle se dit confiante dans le soutien des puissances occidentales pour mettre à bas le régime iranien, tout en reconnaissant les dangers que cela comporte.
La réaction à ces événements n’est pas unanime. Un groupe plus restreint, rassemblé place de la République, a exprimé son opposition à l’intervention militaire étrangère en Iran. Behrooz Farahany, un Franco-iranien de 67 ans, a déclaré : « Nous sommes là pour condamner l’intervention israélienne et américaine contre la République islamique d’Iran. » Selon lui, le changement doit venir des Iraniens eux-mêmes et non d’une ingérence extérieure.
Cette division au sein de la communauté iranienne à Paris souligne la complexité de la situation. D’un côté, des manifestants qui se réjouissent de la mort de Khamenei, et de l’autre, ceux qui s’inquiètent des conséquences d’une intervention militaire. Batoul Arasteh, âgée de 75 ans et portant un drapeau « Femmes Vie Liberté », rappelle que c’est le peuple iranien qui doit décider de son avenir, et non des puissances étrangères.
Les manifestations de ce week-end à Paris révèlent un profond désir de changement au sein de la diaspora iranienne, mais aussi une préoccupation face aux répercussions des interventions militaires sur le terrain. Dans une ambiance de fête mêlée de mélancolie, l’espoir d’une Iran libre et démocratique continue d’animer les cœurs et les esprits des manifestants.