Valérie Bonneton évoque la justice française et l’affaire Marie Trintignant

Dans le cadre de la mini-série L’Affaire Laura Stern, Valérie Bonneton a accordé une interview à Télé Star, où elle aborde des thématiques profondes et douloureuses liées aux violences conjugales. Cette série, cocréée par Frédéric Krivine et Marie Kremer, se distingue par son approche réaliste, choisissant une mise en scène volontairement lente. Cette décision artistique vise à refléter le temps nécessaire que prennent souvent les femmes pour quitter un partenaire violent.

EN BREF

  • Valérie Bonneton parle de son rôle dans une série sur les violences conjugales.
  • Elle fait le lien entre la fiction et l’affaire Marie Trintignant.
  • L’actrice exprime ses préoccupations sur la justice en France.

La comédienne souligne la volonté du réalisateur Akim Isker d’ancrer cette série dans la réalité. « Le réalisateur souhaitait insérer cette série au plus près du réel. Ce temps que l’on s’autorise rappelle celui que les femmes prennent pour quitter un homme violent », explique-t-elle. Elle incarne une pharmacienne engagée dans une association de soutien aux femmes victimes de violences, un rôle qui résonne particulièrement dans le contexte actuel.

Dans cette interview, Valérie Bonneton aborde également la charge émotionnelle inhérente à la fiction. Elle évoque des parallèles troublants avec des événements tragiques réels, notamment l’affaire Marie Trintignant. « Oui, et c’est dingue qu’il ait fallu qu’une série documentaire soit diffusée pour que l’enquête soit rouverte », déclare-t-elle, visiblement touchée par le sujet.

Elle souligne un problème majeur : « On a un problème avec notre justice en France. J’ai vécu tout ça… Je ne veux pas trop en parler pour préserver Paul. » Sa voix tremble alors qu’elle partage son indignation face à l’absence de justice pour Marie Trintignant, affirmant que « ce type a détruit tout le monde autour de lui. Et ma famille aussi. C’est terrifiant et insupportable qu’on l’autorise à remonter sur scène. Marie était merveilleuse. C’est elle qui méritait d’être dans la lumière et applaudie. Pas lui. »

Pour comprendre pleinement son personnage, Valérie Bonneton a choisi de s’immerger dans la réalité des associations de soutien aux femmes victimes de violences. « Cela a été un choc pour moi d’aller dans ces associations, puis de tourner avec ces femmes », confie-t-elle. Cette expérience l’a profondément marquée et lui a permis de donner une voix authentique à celles qui souffrent en silence. « Modestement, j’avais envie d’être leur voix parce que même si on entend parler de ces violences, là on est face à des personnes dont les parcours sont marqués dans leur chair. On avait intérêt à être à la hauteur », ajoute-t-elle.

Enfin, l’actrice reconnaît que ce projet a résonné avec son histoire personnelle. « J’ai été très surprise qu’on me propose ce rôle et, en même temps, je n’attendais que ça », avoue-t-elle. Le tournage a ravivé des souvenirs douloureux. « Cela a ravivé cette douleur qu’on essaie d’oublier. Le sujet est éminemment politique. J’espère que ça fera bouger les choses », termine-t-elle avec une note d’espoir.