Dans la nuit du 2 mars 2026, les habitants du bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth ont été pris de panique face aux frappes israéliennes. Hassan, un propriétaire de café, a fui avec sa femme et sa fille, rejoignant l’exode de centaines de familles terrorisées par la violence soudaine.
EN BREF
- Des frappes israéliennes massives ont touché la banlieue sud de Beyrouth.
- Au moins 31 personnes ont été tuées et 149 blessées en raison des bombardements.
- Les habitants fuient en pleine nuit, cherchant désespérément refuge.
Ce mois de Ramadan, qui aurait dû être consacré à la célébration et à la paix, s’est transformé en un cauchemar pour de nombreuses familles. « J’étais au café quand j’ai entendu les bombardements, j’ai couru à la maison prendre ma femme et ma fille pour les emmener vers la montagne », raconte Hassan. La précipitation de leur départ a été telle qu’ils n’ont pu emporter ni vêtements ni nourriture.
Les bombardements ont débuté alors que la nuit était encore profonde, accompagnés de tirs nourris destinés à alerter les habitants. Le chaos s’est installé sur les routes, avec des embouteillages interminables. « Nous avons mis plus de trois heures pour fuir », se souvient Hassan, qui se trouvait à proximité d’un café populaire de la région.
Les souvenirs de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël, qui a eu lieu d’octobre 2023 à novembre 2024, hantent encore la population. Cette guerre avait déjà causé de lourdes destructions dans les bastions du Hezbollah, laissant des cicatrices profondes au sein de la communauté. Les récentes frappes israéliennes, en réponse à une attaque du Hezbollah visant à venger la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, ont ravivé ces souvenirs douloureux.
Les chiffres sont alarmants : selon le ministère libanais de la Santé, au moins 31 personnes ont perdu la vie et 149 autres ont été blessées lors des bombardements de ce lundi. Dans les rues de Saïda, la situation est tout aussi préoccupante, avec des centaines de voitures bloquées sur l’autoroute côtière, certaines transportant des matelas sur le toit, alors que le trafic est réduit à un seul sens : celui de Beyrouth.
Izdihar Yassine, une habitante du village de Qsaybé, témoigne : « Nous nous sommes réveillés au son des obus et avons fui sans rien emporter. » Son traitement contre le cancer a dû être interrompu à cause de l’urgence de la situation. La détresse est palpable, et la peur d’une nouvelle guerre s’est installée.
Les autorités libanaises ont réagi en diffusant des informations sur des centres d’accueil dans des écoles à Beyrouth, dans le sud et dans les montagnes, afin de soutenir les déplacés. Ahmad Choumar, un autre habitant de la région, décrit sa fuite : « Ils ont bombardé un premier bâtiment près de notre maison. Alors que je passais, les pierres sont tombées sur notre voiture. » Son fils a été blessé, renforçant le sentiment d’angoisse qui règne actuellement.
Dans cette atmosphère de désespoir, de nombreux habitants se sentent pris au piège. Un homme, qui préfère rester anonyme, évoque des heures passées bloqué sur l’autoroute, exprimant un sentiment de désolation : « On ne vit dans ce pays que pour les souffrances et les épreuves. » Ce cri du cœur résume la réalité difficile à laquelle sont confrontés les Libanais.
Hassan, quant à lui, a tenté de retourner dans son appartement, où des bâtiments détruits par la précédente guerre n’ont toujours pas été reconstruits. « Personne ne sait ce qui nous attend », souligne-t-il, une phrase qui résume l’incertitude et l’angoisse d’un peuple qui endure encore une fois les affres de la guerre.