Ce mardi 3 mars, un procès très médiatisé s’est ouvert à Soissons, dans l’Aisne, concernant la mort tragique d’Elisa Pilarski, une jeune femme enceinte de 29 ans, tuée par des morsures de chien en 2019. Au cœur de cette affaire, le pitbull de la victime, Curtis, dont le comportement et l’historique seront examinés minutieusement par le tribunal. Son propriétaire, Christophe Ellul, 51 ans, est jugé pour homicide involontaire.
EN BREF
- Christophe Ellul comparait pour homicide involontaire suite à la mort d’Elisa Pilarski.
- Le procès examine le comportement de Curtis, un pitbull, et l’absence de précautions de son propriétaire.
- Des preuves ADN et des messages accablants sont présentés contre Ellul.
Placé sous contrôle judiciaire depuis 2021, Christophe Ellul comparaît libre durant ce procès, qui devrait se poursuivre jusqu’à jeudi. Il est accusé d’avoir laissé sa compagne promener seule Curtis en forêt, malgré le danger que représentait cet animal, comme l’affirment les éléments de l’instruction. Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski a été retrouvée morte, avec de multiples morsures sur le corps, correspondant aux caractéristiques physiques de Curtis.
Lors de sa première déclaration à l’audience, Christophe Ellul a exprimé sa douleur, affirmant : « Si aujourd’hui vous me mettez une preuve que Curtis aurait touché Elisa, c’est moi qui aurais tué Curtis. Aujourd’hui, je n’ai plus ma femme, je n’ai plus mon fils. » Il a également ajouté : « Je veux savoir la vérité. Si Curtis est coupable, tuez-le, piquez-le, mais mettez sur la table des preuves ! »
Les accusations contre Ellul ne se limitent pas à l’homicide involontaire. Il est également suspecté d’avoir illégalement importé Curtis, initialement présenté comme un « Whippet-Griffon », alors qu’une expertise vétérinaire a établi qu’il s’agissait d’un American Pitbull Terrier, une race prohibée en France. Curtis, adopté aux Pays-Bas, vit actuellement dans un chenil, selon l’avocat de la famille d’Elisa Pilarski, Me Xavier Terquem-Adoue.
Les éléments de l’enquête soulignent également que Christophe Ellul aurait dressé Curtis « au mordant », une pratique interdite en France, qui peut causer une perte de contrôle chez l’animal en phase d’excitation. L’absence de précautions prises par Ellul pour éviter que sa compagne, enceinte de six mois et pesant 56 kg pour 1,52 m, ne s’occupe seule de Curtis, est également mise en cause.
Au moment de la découverte du corps d’Elisa Pilarski, Christophe Ellul a accusé une meute de chiens de chasse à courre d’être responsable de la mort de sa compagne. Cependant, diverses analyses montrent que Curtis est le principal suspect. Des morsures retrouvées sur le corps de la victime et des traces ADN de Curtis sur son cuir chevelu renforcent les accusations contre Ellul. De plus, l’ADN d’Elisa Pilarski a été retrouvé à plusieurs endroits sur le corps de Curtis.
Me Terquem-Adoue a également mentionné un SMS envoyé par Ellul à sa compagne alors qu’il se dirigeait vers la forêt, dans lequel il promettait de faire piquer le chien. Pour l’avocat, cela prouve qu’Ellul était conscient de la culpabilité de Curtis depuis le début. En revanche, Me Alexandre Novion, avocat de la défense, prévoit de démontrer que les expertises présentées reposent sur des méthodes biaisées et qu’il existe des doutes quant à l’implication de Curtis dans la mort d’Elisa.
Le procès s’annonce comme un moment clé pour éclaircir les circonstances de cette tragédie, mais aussi pour examiner la responsabilité de l’homme dans la gestion d’un animal potentiellement dangereux. Les prochains jours seront cruciaux pour établir la vérité autour de cette affaire qui a bouleversé de nombreuses personnes.