Le 3 mars, Bernadette Paty, la mère de Samuel Paty, a exprimé sa colère lors d’une interview sur RTL, à la suite du procès en appel des personnes liées au meurtre de son fils. Ce procès a vu des peines réduites pour les accusés, ce qui a profondément affecté la mère du professeur assassiné.
EN BREF
- Bernadette Paty exprime sa colère après le procès en appel de son fils.
- Les peines des condamnés ont été réduites, suscitant son indignation.
- Elle dénonce un procès marqué par des irrégularités et une « fatwa numérique » contre son fils.
Bernadette Paty a pris la parole pour la première fois depuis le procès en appel, illustrant son désespoir face à des décisions judiciaires qu’elle juge injustes. Elle a fait part de sa stupéfaction quant à la réduction des peines infligées aux principaux instigateurs du climat de haine ayant conduit à l’assassinat de son fils. Le parent d’élève Brahim Chnina et le militant intégriste Abdelhakim Sefrioui, qui avaient orchestré une campagne de dénigrement en ligne, ont vu leurs peines allégées à 10 et 15 ans de réclusion. En première instance, ils avaient été condamnés à 13 et 15 ans de prison. Pour Bernadette Paty, cette décision témoigne d’un abandon de la mémoire de Samuel.
Dans ses déclarations, elle a déclaré : « On ne comprend pas cet écart entre le premier et le second procès. On a l’impression que la cour a abandonné encore une fois Samuel. » Ces paroles, lourdes de douleur, reflètent une perte qui ne se mesure pas seulement à la peine infligée aux coupables, mais également à la manière dont la justice perçoit le sacrifice de son fils.
Elle a également dénoncé les circonstances entourant le procès, affirmant qu’ »une fatwa numérique » avait été lancée contre Samuel Paty. Elle a rappelé que son fils, en tant qu’enseignant, n’avait fait qu’exercer son métier en utilisant des caricatures fournies par l’Éducation nationale. Cette mise en accusation par certains membres de la société a, selon elle, laissé Samuel seul face à une cabale orchestrée contre lui. « Il allait faire ses cours avec un marteau dans son sac à dos », a-t-elle précisé, témoignant de la pression et de la peur qu’il a dû ressentir.
La douleur de Bernadette Paty est palpable. Elle confie vivre avec des traitements médicamenteux tels que des somnifères, des antidépresseurs et des anxiolytiques. Elle a exprimé sa frustration face à un jugement qui, selon elle, ne prend pas en compte la gravité des événements. « J’en veux à ce jugement. Ils n’ont pas pris leurs responsabilités », a-t-elle ajouté, soulignant son sentiment d’abandon non seulement par le système judiciaire mais également par l’État.
En réponse à ce sentiment d’injustice, Bernadette Paty a déposé une plainte contre l’État pour non-empêchement de crime et non-assistance à personne en péril, un acte qui illustre son désespoir face à la situation. Sa voix, à la fois forte et brisée, appelle à une réflexion plus profonde sur le traitement des victimes et des familles touchées par des actes de violence extrême.
Ce procès en appel, loin de rendre justice, a suscité un nouvel élan de colère et de désespoir dans le cœur d’une mère qui cherche à préserver la mémoire de son fils. L’absence de reconnaissance de la gravité des faits et de la culpabilité des instigateurs laisse une trace indélébile dans l’esprit de ceux qui ont perdu un être cher dans des circonstances aussi tragiques.