Une étude récente de l’Apec met en lumière les obstacles que rencontrent les femmes cadres en matière de transparence salariale. Lors de la présentation de cette enquête, il a été révélé que près de **quatre femmes sur dix** hésitent à demander à leur employeur des informations sur les salaires de leurs collègues occupant des postes similaires. Cette réticence est particulièrement marquée par rapport à leurs homologues masculins, où seulement **32%** se sentent dans la même situation.
EN BREF
- 40% des femmes cadres ne se sentent pas à l’aise de demander des salaires équivalents.
- 70% des entreprises doutent de l’impact de la directive sur la transparence salariale.
- L’écart de rémunération entre hommes et femmes a atteint 16% en 2025.
Cette étude, réalisée en décembre auprès d’un échantillon de **2 000 cadres du secteur privé**, souligne que **57% des femmes** estiment que faire une telle demande serait **mal perçu** par les employeurs, contre **46% des hommes**. De plus, une proportion significative de femmes, soit **39%**, considère que cela ne changerait rien à leur situation salariale, tandis que ce sentiment est partagé par **31% des hommes**.
Laetitia Niaudeau, directrice générale par intérim de l’Apec, a précisé que **70% des entreprises** étaient sceptiques quant aux effets réels de la directive européenne sur la transparence salariale. Cette directive, qui vise à améliorer la situation des femmes sur le marché du travail, doit être transposée en France au plus tard le **7 juin 2024**. Toutefois, le projet de loi est attendu pour cet automne à l’Assemblée nationale, avec l’espoir d’une mise en œuvre des premiers éléments de la loi début 2027.
Les données révèlent également que **44% des femmes** estiment devoir fournir plus d’efforts que leurs collègues masculins pour obtenir une augmentation. En revanche, seulement **13% des hommes** partagent cette perception. L’écart de rémunération médian entre les femmes et les hommes cadres a ainsi augmenté pour atteindre **16%** en 2025, retrouvant son niveau de 2018. Le salaire médian s’élève à **50 000 euros** pour les femmes et **58 000 euros** pour les hommes.
Cette disparité salariale provient en partie de la **ségrégation professionnelle**. Les postes les mieux rémunérés se trouvent principalement dans le secteur de la production industrielle et de la maintenance, où **87% des employés sont des hommes**. Par opposition, les métiers de la communication, de la création et de la culture, qui sont majoritairement occupés par des femmes (**64%**), affichent des salaires médians de **45 000 euros**.
Hélène Garner, directrice des données et des études de l’Apec, a souligné qu’un autre facteur crucial réside dans l’accès inégal des femmes aux postes à forte responsabilité, ce qui contribue à maintenir cet écart. À profil équivalent, l’écart salarial reste encore de **6,8%**, bien qu’il ne soit que de **2%** en début de carrière, chez les moins de **35 ans**, et qu’il augmente progressivement pour atteindre **12%** après **55 ans**.
Cette enquête met en lumière des problématiques profondément ancrées dans nos sociétés, où la transparence salariale pourrait être un premier pas vers l’égalité, mais où des changements culturels et structurels restent nécessaires pour véritablement renverser la tendance.