Les femmes cadres en France : un écart salarial en hausse, il est temps de négocier

Dans un contexte où l’égalité salariale reste un enjeu majeur, les femmes cadres en France continuent de faire face à des disparités significatives par rapport à leurs homologues masculins. Selon une étude récente de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), l’écart de rémunération médiane annuelle brute entre les femmes et les hommes a atteint 16 % en 2025, un chiffre en hausse de 2.000 euros par rapport à l’année précédente.

EN BREF

  • L’écart de salaire médian entre femmes et hommes cadres s’élève à 16 % en 2025.
  • 44 % des femmes estiment devoir fournir plus d’efforts que les hommes pour obtenir une augmentation.
  • Des conseils pratiques sont proposés pour aider les femmes à mieux négocier leur salaire.

Clara, 36 ans, témoigne de cette réalité. Lorsqu’elle a pris ses fonctions dans un cabinet comptable européen, elle a rapidement constaté qu’elle gagnait « beaucoup moins » que son prédécesseur, qui touchait 50.000 euros de plus qu’elle. Ce constat l’a poussée à aborder la question de son salaire avec son supérieur, malgré son appréhension. Grâce à une préparation minutieuse, Clara a réussi à obtenir une augmentation de 11.000 euros bruts par an.

Cet exemple illustre un phénomène plus large. L’étude de l’Apec révèle qu’à profil équivalent, l’écart salarial demeure de 6,8 %. Pour les femmes de moins de 35 ans, cet écart est plus faible, à 2 %, mais il augmente avec l’âge, atteignant 12 % pour celles de plus de 55 ans. Ce constat soulève des questions sur l’évolution de la situation des femmes sur le marché du travail.

Pour Chrystal Le Liegard, consultante en développement professionnel à l’Apec, l’un des principaux conseils qu’elle prodigue aux femmes est de « oser ». Elle souligne que, trop souvent, les femmes hésitent à négocier leurs salaires, que ce soit lors d’un entretien d’embauche ou d’une prise de poste. Cette réticence peut avoir des conséquences durables sur leur parcours professionnel.

Les raisons de cette hésitation sont multiples. L’étude de l’Apec indique que 44 % des femmes estiment qu’elles doivent fournir davantage d’efforts que les hommes pour obtenir des augmentations. En revanche, seulement 13 % des hommes partagent cette opinion. Ce déséquilibre peut s’expliquer par des normes sociales profondément ancrées qui poussent les femmes à se sentir moins légitimes dans leurs demandes de revalorisation salariale.

Pour surmonter ces obstacles, il est essentiel de se préparer avant de négocier. Chrystal Le Liegard recommande d’examiner attentivement les missions réelles que l’on occupe par rapport à la fiche de poste initiale, ainsi que de quantifier ses réussites tout au long de l’année. Ce travail préparatoire permet de mettre en avant des arguments solides lors des discussions salariales.

Julie, cadre dans le secteur bancaire, partage son expérience. Après des années d’hésitation, elle a décidé de se fixer des objectifs et de documenter ses réalisations. Cette stratégie lui a permis d’obtenir des augmentations régulières au cours des trois dernières années, lui permettant ainsi de rattraper le retard accumulé au début de sa carrière. Elle souligne qu’elle ne « vole rien à personne », rappelant à ses collègues masculins que la lutte pour l’égalité salariale ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme une quête de justice.

En somme, bien que les chiffres soient préoccupants, il existe des pistes d’action pour les femmes cadres souhaitant améliorer leur situation salariale. La transparence salariale, prévue par une directive européenne, pourrait également jouer un rôle clé dans la réduction de ces écarts. Cependant, il est crucial que les femmes prennent conscience de leur valeur et n’hésitent pas à revendiquer des conditions de travail justes.

Les enjeux sont clairs : il est temps d’agir pour que les femmes cadres en France obtiennent la reconnaissance et la rémunération qu’elles méritent.