Indice de rondeur corporelle : un nouvel outil pour évaluer la santé face à l’IMC

Dans le domaine de la santé, l’évaluation de la corpulence est cruciale pour prévenir diverses maladies. Traditionnellement, l’indice de masse corporelle (IMC) a été l’outil standard pour juger de l’obésité. Cependant, de récentes recherches mettent en lumière l’indice de rondeur corporelle (IRC) comme un indicateur potentiellement plus fiable. Le Dr Boris Hansel, endocrinologue et médecin nutritionniste à l’hôpital Bichat (AP-HP, Paris), éclaire cette évolution.

EN BREF

  • Une étude récente montre que l’IRC prédit mieux le risque de mortalité que l’IMC.
  • La graisse viscérale, associée à de nombreux problèmes de santé, est mieux prise en compte par l’IRC.
  • Les mesures de tour de taille deviennent essentielles pour évaluer les risques pour la santé.

Une étude parue en juin 2024 dans la revue Jama Network Open, fondée sur l’analyse des dossiers médicaux de 33.000 patients sur deux décennies, a révélé que l’IRC est pertinent pour évaluer le risque de mortalité toutes causes confondues. Cette découverte remet en question l’utilisation exclusive de l’IMC, qui, bien qu’établi depuis près de deux siècles, présente des limites significatives.

Le Dr Boris Hansel souligne que l’IMC, qui se base uniquement sur la taille et le poids d’une personne, ne fait pas la distinction entre la masse musculaire, osseuse et grasse. Par conséquent, il ne prend pas en compte la distribution de la graisse dans le corps, en particulier la graisse viscérale, qui est la plus dangereuse pour la santé. Il illustre son propos avec l’exemple du judoka Teddy Riner, considéré comme obèse selon l’IMC, bien que son poids soit constitué principalement de muscle.

La graisse viscérale, stockée dans l’abdomen, entoure des organes vitaux tels que le foie et le pancréas. Sa présence est liée à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’autres affections graves. Une étude australienne de 2021 a même suggéré que cette graisse pourrait augmenter le risque de démence et d’accidents vasculaires cérébraux.

Pour remédier aux lacunes de l’IMC, l’indice de rondeur corporelle a été développé, prenant en compte la circonférence de l’abdomen. Toutefois, selon le Dr Hansel, la formule de calcul de l’IRC est complexe, rendant son utilisation quotidienne par les médecins peu pratique. Il recommande plutôt de se concentrer sur le tour de taille, qui peut être mesuré facilement et fournit des informations précieuses sur la santé d’un individu.

Le tour de taille se mesure debout, au niveau du nombril, entre la dernière côte et les os des hanches. Les recommandations des autorités de santé stipulent que chez les hommes, un tour de taille supérieur à 94 cm et chez les femmes, supérieur à 80 cm, doit alerter sur les risques de santé liés à la graisse viscérale. Il devient alors nécessaire de réaliser des examens complémentaires, tels que des bilans sanguins pour mesurer la glycémie et le cholestérol.

Le calcul de l’IMC est simple : il s’agit du poids en kilogrammes divisé par la taille en mètres carrés. En revanche, l’IRC repose sur une formule plus complexe : IRC = 364,2 – 365,5 × √ (1 – (tour de taille en cm / 2π) / (0,5 × taille m)). Cette complexité souligne les défis liés à son adoption par le grand public et les professionnels de santé.

En somme, alors que l’IMC a été l’outil de référence pendant des décennies, l’émergence de l’IRC et la reconnaissance de la graisse viscérale changent la donne dans l’évaluation de la santé. Ces avancées offrent une opportunité de mieux comprendre les risques liés au surpoids et à l’obésité, en mettant l’accent sur des mesures plus adaptées aux réalités corporelles individuelles.