Rachida Dati évoque ses regrets sur l’éducation de sa fille Zohra

Invitée à partager des réflexions personnelles sur sa vie de mère sur la chaîne YouTube Conversations avant la fin du monde, Rachida Dati a fait preuve d’une rare vulnérabilité en parlant de sa relation avec sa fille Zohra, qui approche de sa majorité. Entre fierté et inquiétudes, l’ancienne ministre de la Culture a reconnu avoir commis « une grave erreur » dans son éducation.

EN BREF

  • Rachida Dati partage son appréhension face à l’envol imminent de sa fille Zohra.
  • Elle admet avoir protégé Zohra en l’élevant « sous cloche », une décision qu’elle regrette.
  • Zohra a surmonté de graves problèmes de santé et un harcèlement scolaire.

Dans une vidéo publiée le 2 mars, Rachida Dati a abordé le départ prochain de sa fille, âgée de 17 ans. Avec un sourire empreint d’émotion, elle a confié ne pas se sentir prête à voir son enfant quitter le foyer familial. « C’est toujours mieux pour les autres ! » a-t-elle plaisanté, tout en reconnaissant sa difficulté à échanger sur certains sujets avec elle. Elle a admis avoir élevé Zohra d’une manière trop protectrice, ce qui, selon elle, constitue une grave erreur. « Elle n’est pas exposée aux aléas de la vie et moi, je ne veux pas qu’elle parte », a-t-elle déclaré, mettant en lumière sa peur de la laisser voler de ses propres ailes.

Consciente que ses réflexions pourraient susciter des critiques, Rachida Dati a néanmoins choisi d’être franche. Elle a expliqué : « Si je dis ça, je vais me faire accabler : ‘Ça ne se fait pas. On ne fait pas des enfants pour soi.’ Ce n’est pas ça, mais je l’aime tellement… » Cette déclaration révèle un attachement profond et une volonté de protéger Zohra, qu’elle décrit comme une adolescente « cool, drôle et capable d’une certaine ironie à [son] égard ». Cependant, derrière cette légèreté se cache un parcours marqué par des épreuves difficiles.

Il y a quelques semaines, dans le podcast Ex, Rachida Dati avait déjà évoqué une période particulièrement douloureuse dans la vie de Zohra. En effet, cette dernière a souffert d’une grave crise d’angoisse, entraînant des troubles neuro-fonctionnels. « Elle a été paraplégique pendant quasiment un an », a confié sa mère. Hospitalisée pendant de longs mois, Zohra a dû faire face à une situation rare et impressionnante qui a nécessité une solidarité familiale sans précédent. Rachida Dati a évoqué un clan soudé, composé d’une cinquantaine de cousins, qui se mobilisait autour de Zohra, à tel point que « tout le monde vivait presque à l’hôpital », a-t-elle raconté avec émotion.

En plus des défis physiques, Zohra a dû faire face à un harcèlement scolaire, en grande partie lié à l’identité de ses parents. Soucieuse de protéger sa mère et son père, elle aurait gardé pour elle les difficultés rencontrées à l’école, jusqu’à ce que la situation devienne insupportable. Cette révélation a été un choc pour Rachida Dati, qui a admis s’être reproché de ne pas avoir perçu les signaux d’alerte. « Je me suis dit : ‘Je n’ai rien vu, c’est ma faute.’ Peut-être que je porte trop de boulets… » a-t-elle expliqué, soulignant la complexité de son rôle de mère.

Aujourd’hui, bien que l’inquiétude subsiste, l’admiration l’emporte largement. Rachida Dati a affirmé : « Elle gère très bien. Je suis très admirative. » Ce mélange de regrets et de fierté brosse le portrait d’une relation mère-fille profondément fusionnelle, nourrie par des épreuves. Au-delà de la femme politique, se dévoile une mère qui, comme tant d’autres, apprend à laisser partir celle qu’elle a tant voulu protéger.