Une influenceuse de tarot condamnée à 10 millions de dollars pour diffamation

Une influenceuse américaine, Ashley Guillard, spécialisée dans le tarot, a été condamnée à verser 10 millions de dollars pour diffamation. Cette décision fait suite à des accusations mensongères portées contre une professeure d’université, qu’elle a accusée d’être impliquée dans un quadruple meurtre survenu dans l’Idaho. Les révélations de cette affaire soulèvent des questions sur les responsabilités des créateurs de contenu sur les réseaux sociaux.

EN BREF

  • Ashley Guillard a été condamnée pour avoir accusé à tort Rebecca Scofield de meurtre.
  • Le jury a ordonné à Guillard de verser 10 millions de dollars de dommages et intérêts.
  • La professeure a souffert de troubles psychologiques suite à ces accusations.

Les faits remontent à novembre 2022, lorsqu’un quadruple meurtre a choqué l’Université de l’Idaho. Quatre étudiants ont été retrouvés mortellement blessés dans une maison hors campus à Moscow. Ce crime a suscité une attention médiatique considérable, entraînant des spéculations et des théories, dont celles de Guillard, qui a pris la parole sur ses plateformes, notamment TikTok.

Dans ses vidéos, Guillard prétendait avoir consulté ses cartes de tarot, et affirmait que la professeure Rebecca Scofield avait non seulement une relation avec l’un des étudiants assassinés, mais qu’elle avait aussi orchestré les meurtres après que ce dernier ait menacé de révéler un secret. Ces allégations ont été largement diffusées, atteignant des millions de vues, ce qui a contraint le département de police de Moscou à intervenir. En décembre 2022, les autorités ont publié un communiqué pour clarifier que Scofield n’était pas suspecte dans l’enquête criminelle.

Malgré les mises en demeure envoyées par Scofield à Guillard, cette dernière a persisté à relayer ses accusations sur ses réseaux sociaux. Lors du procès, la professeure a témoigné des conséquences dévastatrices que ces allégations ont eues sur sa vie. Elle a déclaré avoir souffert d’anxiété sévère, de stress post-traumatique et de douleurs nerveuses intenses, un témoignage qui a profondément touché le jury.

En juin 2024, un juge fédéral a qualifié les affirmations de Guillard de diffamatoires, précisant qu’elles reposaient uniquement sur son « intuition spirituelle » et non sur des faits objectifs. Cette décision a ouvert la voie à la condamnation de Guillard à verser 10 millions de dollars, dont 6,5 millions pour les allégations de meurtre et 3,5 millions pour des accusations de relation inappropriée.

À l’issue du verdict, Scofield a exprimé sa satisfaction, déclarant que cette décision envoie un message fort sur les conséquences des fausses déclarations en ligne. De son côté, Guillard a réagi en publiant 21 vidéos sur ses réseaux, contestant le verdict et le qualifiant d’« injuste et ridicule ». Cette affaire illustre les enjeux de la désinformation sur les réseaux sociaux et les responsabilités des influenceurs face à leurs affirmations.

Alors que la frontière entre le divertissement et la vérité devient de plus en plus floue sur des plateformes comme TikTok, ce verdict rappelle l’importance d’une communication responsable. Les accusations sans fondement peuvent avoir des répercussions considérables sur la vie des personnes visées, ce qui soulève des interrogations sur la liberté d’expression et la protection des individus dans l’environnement numérique.