Amazon se retire du Festival du livre de Paris pour éviter une polémique avec les libraires

Amazon a annoncé mercredi son retrait du Festival du livre de Paris, prévu du 17 au 19 avril 2026. Cette décision intervient après une critique virulente du Syndicat de la librairie française (SLF), qui a choisi de boycotter l’événement en raison du partenariat entre le festival et le géant du e-commerce.

EN BREF

  • Amazon se retire du Festival du livre de Paris de 2026.
  • Le Syndicat de la librairie française a dénoncé le partenariat avec Amazon.
  • Des tensions subsistent entre Amazon et le secteur de la librairie en France.

Le SLF a exprimé son opposition à la présence d’Amazon, déclarant que le géant ne représente pas les valeurs du livre. « Amazon n’est pas un ami du livre », a affirmé un représentant du syndicat, mettant en avant les risques que la puissance d’Amazon représente pour les auteurs, les éditeurs et les libraires. Ce retrait est perçu comme une manœuvre pour préserver l’intégrité de l’événement, qui vise à célébrer la lecture et les acteurs du livre.

En réponse, un porte-parole d’Amazon a exprimé son regret face à cette décision du SLF, la qualifiant de « manœuvre partisane » qui détourne l’événement de son objectif initial. « Nous regrettons profondément cette manœuvre partisane du SLF qui, en s’appuyant sur des allégations infondées et trompeuses, confisque l’événement à son profit », a-t-il déclaré. Amazon a alors pris la décision de se retirer d’un commun accord avec le Festival du livre de Paris.

Pour la première fois, Amazon devait participer à cet événement en tant que sponsor. Le festival a confirmé l’arrêt de ce partenariat afin de prévenir tout risque de perturbation lors de l’événement, qui attend 120 000 visiteurs et 450 éditeurs exposants.

Les relations entre Amazon et le secteur de la librairie en France sont marquées par des tensions croissantes. Un point de discorde majeur concerne l’interprétation d’une loi adoptée en octobre 2023, qui impose des frais de port minimum de 3 euros pour les expéditions de livres neufs. Amazon soutient que cette loi lui permet de livrer des livres gratuitement dans ses casiers, alors que les libraires voient cela comme une tentative de contourner la législation.

Le porte-parole d’Amazon a également souligné l’importance d’unir tous les acteurs du secteur pour promouvoir la lecture. « Dans un pays où plus de 90 % des communes n’ont pas de librairies, la lecture ne devrait pas être instrumentalisée mais devrait au contraire rassembler tous les acteurs de la filière au service de tous les lecteurs », a-t-il insisté.

Le Salon du livre de Paris, qui se tiendra de nouveau au Grand Palais, a connu un grand succès l’année précédente, attirant 114 000 visiteurs. L’absence d’Amazon, même si elle répond à une volonté de préserver l’événement, soulève des questions quant à l’avenir des partenariats entre des géants du commerce en ligne et des manifestations littéraires qui cherchent à soutenir le secteur de la librairie indépendante.