Augmentation des appels au 3919 face à des attaques masculinistes croissantes

Le numéro d’écoute pour les femmes victimes de violences, en particulier conjugales, a enregistré des chiffres alarmants en 2025. Le 3919-Violences Femmes Info a pris en charge 108 241 appels, marquant une hausse de 7,8 % par rapport à l’année précédente, qui était déjà une année record. Cette situation a été révélée par la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF), qui gère cette ligne cruciale pour l’orientation et le soutien des femmes en détresse.

EN BREF

  • Le 3919 a enregistré 108 241 appels en 2025, une hausse de 7,8 % par rapport à 2024.
  • Des attaques masculinistes visent à perturber les appels des femmes victimes de violences.
  • Les écoutantes font face à des propos injurieux, impactant leur moral.

Cette augmentation des appels peut être attribuée à une meilleure prise de conscience et à une plus grande visibilité du numéro dans les médias et sur les réseaux sociaux. Mine Günbay, directrice de la FNSF, souligne que cette tendance indique que les femmes osent parler davantage de leur situation. Toutefois, cette hausse s’accompagne de nombreux défis, notamment un manque de soutien de la part des associations locales, souvent touchées par des baisses de financement.

En parallèle, le 3919 fait face à des attaques masculinistes organisées. Ces appels malveillants visent à parasiter la ligne, rendant son accès plus difficile pour les femmes en détresse. Mine Günbay a déclaré que bien que ces attaques existent depuis la création du numéro, elles sont désormais bien plus structurées et coordonnées qu’auparavant. En janvier 2025, la FNSF avait déjà observé une évolution dans la nature de ces actions nuisibles.

Les écoutantes, dont le rôle est essentiel dans ce processus d’écoute et de soutien, subissent également les conséquences de cette hostilité. Face à des propos injurieux et obscènes, leur moral peut en pâtir. Eda, une chargée de pré-accueil, a rapporté que certains appelants reprochent au 3919 d’être une ligne exclusivement dédiée aux femmes.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a également dénoncé ces actes malveillants, affirmant qu’ils ne sont pas des faits isolés. Il a souligné que ces comportements s’inscrivent dans un contexte plus large de montée de la menace masculiniste, qui s’attaque frontalement aux politiques d’égalité et aux dispositifs de protection des femmes.

Concernant les appels reçus en 2025, la FNSF a précisé que sur les 108 241 appels, 63 500 concernaient des violences conjugales. Parmi ces dernières, une grande majorité, soit 85 %, sont liées à des violences psychologiques, notamment des situations d’emprise et de dévalorisation. Les violences verbales et physiques représentent respectivement 71 % et 48 %, tandis que 23 % des cas relèvent de violences économiques, visant à rendre les femmes dépendantes de leur partenaire.

En outre, 15 % des appels traitent des violences sexuelles et 10 % des cyberviolences conjugales, telles que la géolocalisation sans consentement. Les femmes qui contactent le 3919 évoquent souvent plusieurs formes de violences cumulées, rendant leur situation encore plus complexe.

Mine Günbay a également noté que le métier des écoutantes évolue. Elles sont de plus en plus confrontées à des témoignages lourds, évoquant des actes de torture et de barbarie. Cette réalité souligne l’importance de maintenir et de renforcer les services d’écoute et de soutien pour les femmes victimes de violences, dans un contexte où les défis sont de plus en plus pressants.

Face à cette situation préoccupante, il est crucial de continuer à sensibiliser le public et à soutenir les initiatives qui visent à protéger les femmes victimes de violences. Le 3919 reste un pilier essentiel dans ce combat, malgré les obstacles croissants qu’il doit surmonter.