Les États-Unis tentent de rassurer face à la hausse des prix du pétrole après des frappes en Iran

La situation géopolitique au Moyen-Orient, exacerbée par des attaques ciblant des installations pétrolières en Iran, suscite des inquiétudes croissantes aux États-Unis. Le 7 mars, l’administration Trump a tenté de calmer les esprits alors que les prix à la pompe continuent d’augmenter, ce qui pourrait devenir un enjeu majeur à l’approche des élections législatives de novembre.

EN BREF

  • Le ministre de l’Énergie assure que les perturbations ne dureront pas longtemps.
  • Les frappes israéliennes ont touché des infrastructures pétrolières iraniennes.
  • Les États-Unis envisagent des mesures pour sécuriser le passage des tankers dans le Golfe persique.

Lors d’une interview accordée à CNN, le ministre de l’Énergie, Chris Wright, a souligné que le conflit en cours et ses conséquences sur les flux pétroliers et gaziers ne devraient perturber le marché que « au pire, quelques semaines ». Les prix des carburants, qui constituent un indicateur sensible pour les électeurs américains, continuent de flamber, suscitant des préoccupations quant à leur impact sur l’opinion publique à l’approche des élections.

Les tensions au Moyen-Orient ont conduit à un quasi-arrêt des passages au détroit d’Ormuz, une voie essentielle par laquelle transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole. Cette situation a entraîné une réaction brutale des marchés de l’énergie, avec une hausse spectaculaire des cours du pétrole. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a augmenté de 12 % lors d’une seule séance, et de 36 % sur la semaine précédente.

Chris Wright a exprimé son optimisme quant à la stabilité du marché, affirmant que les prix « ne devraient pas monter beaucoup plus haut » grâce à des réserves suffisantes d’énergie dans l’hémisphère occidental. Toutefois, la réalité des conflits en cours pourrait rendre cette prévision incertaine.

Les frappes israéliennes ont visé, samedi, quatre dépôts pétroliers et un site logistique à Téhéran et ses environs, provoquant d’importants incendies. Ces attaques constituent la première incursion rapportée contre les infrastructures énergétiques iraniennes depuis le début du conflit. Chris Wright a précisé que ces frappes étaient le fait d’Israël et a assuré que les États-Unis ne cibleraient pas l’industrie énergétique iranienne.

Du côté iranien, les menaces ne se sont pas faites attendre. L’armée a averti qu’elle pourrait s’en prendre aux sites pétroliers de la région si Israël poursuivait ses frappes. Le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, a déclaré : « Si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez avec ce jeu ».

Face à cette escalade, les États-Unis prennent des mesures pour protéger les navires transportant du pétrole. Chris Wright a mentionné que des armateurs cherchaient à sécuriser la sortie de leurs tankers du Golfe persique et que ces navires seraient probablement sous protection militaire américaine lors de leur passage au détroit d’Ormuz. Il a également exprimé l’espoir d’un retour à la normale des opérations maritimes dans un avenir proche.

L’Iran représente environ 4 % de la production mondiale de brut, selon des données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Bien que ce pétrole soit soumis à des sanctions internationales, une partie continue d’être exportée, principalement vers la Chine.

Enfin, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a indiqué que les États-Unis envisageaient d’élargir la levée temporaire des sanctions sur le pétrole russe afin d’atténuer les pressions sur le marché, suite à une première autorisation accordée à l’Inde. Par ailleurs, l’Agence américaine de développement DFC a annoncé la création d’un mécanisme de réassurance pour faciliter la couverture des risques liés au passage au détroit d’Ormuz, avec une enveloppe pouvant atteindre 20 milliards de dollars.