La situation actuelle au Moyen-Orient a provoqué une flambée historique des prix du pétrole. Ce lundi, le baril de pétrole a enregistré une hausse spectaculaire de 30% en quelques heures, atteignant brièvement les 120 dollars. Cette envolée des prix est le résultat direct de la prolongation du conflit dans la région, du blocage du détroit d’Ormuz, ainsi que des dommages causés aux infrastructures énergétiques.
EN BREF
- Le prix du baril de pétrole a explosé de 30%, atteignant 120 dollars.
- Le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz en sont les principales causes.
- Les marchés de l’énergie restent en alerte face aux développements géopolitiques.
À 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, affichait une augmentation de 15,51%, atteignant 104,96 dollars. Au cours des échanges en Asie, il avait même grimpé à 119,48 dollars. De son côté, le baril de Brent, référence mondiale, a connu une hausse de 17,42%, se chiffrant à 108,82 dollars après avoir dépassé les 119 dollars.
Depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le WTI a connu une augmentation sans précédent de près de 60% en un temps record. Ce mouvement des prix, bien que violent, n’a pas été observé même lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait pourtant fait grimper les prix à 130,50 dollars début mars 2022.
Alors que le conflit s’intensifie, les marchés de l’énergie restent suspendus à l’évolution de la situation au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% de l’offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, demeure pratiquement paralysé. Les craintes d’attaques persistent, rendant la circulation maritime presque inexistante, avec seulement quelques navires se dirigeant vers la région, principalement des navires chinois.
Face à cette flambée des prix, le président Donald Trump a réagi en déclarant sur son réseau Truth Social que ce coût était un « petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États-Unis et du monde ». Il est évident que les consommateurs américains commencent à ressentir les effets de cette hausse.
Pour tenter de gérer la crise, l’Agence américaine de développement DFC a annoncé la création d’un mécanisme de réassurance pour couvrir les risques liés au passage du détroit d’Ormuz, pouvant aller jusqu’à 20 milliards de dollars. Les États-Unis collaborent également avec des armateurs souhaitant faire sortir leurs tankers du Golfe persique. Chris Wright, ministre américain de l’Énergie, a ajouté que ces navires seront probablement sous protection militaire américaine, avec l’espoir d’un retour à la normale dans un avenir relativement proche.
Toutefois, ces mesures n’ont pas suffi à apaiser les craintes du marché. Les perturbations d’approvisionnement se multiplient, et les données de suivi des navires confirment l’arrêt quasi total du trafic maritime dans la région. Lloyd Chan, de la banque MUFG, a évoqué un véritable « choc pétrolier » en raison de la situation actuelle.
Les développements du conflit exacerbent également les inquiétudes quant à la production d’hydrocarbures. L’Arabie saoudite a récemment intercepté plusieurs drones se dirigeant vers le gisement de pétrole de Shaybah, déjà ciblé par des attaques la veille. Par ailleurs, plusieurs pays producteurs, tels que les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak, ont annoncé des réductions de leur production, l’Irak signalant une baisse d’environ 3 millions de barils par jour.
La flambée des prix a également des répercussions sur les marchés asiatiques, très dépendants des hydrocarbures du Moyen-Orient. En effet, des places boursières à Tokyo, Taipei et Séoul ont enregistré des baisses significatives. La Corée du Sud, en particulier, est le quatrième plus gros importateur de brut, et son économie, qui repose sur une industrie technologique énergivore, est fortement impactée. Le Japon, également dépendant, envisage d’ouvrir ses réserves pétrolières stratégiques en réponse à la crise.
Les États-Unis envisagent également d’élargir la levée temporaire des sanctions sur le pétrole russe pour soulager le marché, après avoir accordé une première autorisation à l’Inde. En parallèle, les ministres des Finances du G7 se réunissent en visioconférence pour discuter d’un éventuel recours coordonné à leurs réserves pétrolières stratégiques respectives. Ce contexte incertain continue d’affecter les marchés pétroliers, bien que certains signes d’atténuation aient été observés en fin de journée.