Le Bangladesh a entrepris, ce dimanche, de rationner la distribution de carburant en raison des difficultés d’approvisionnement causées par le conflit au Moyen-Orient. Cette décision a entraîné d’importants embouteillages et quelques incidents violents devant les stations-service à travers le pays. Avec une population de 170 millions d’habitants, le pays importe 95 % de ses besoins en pétrole et en gaz, des ressources régulièrement affectées par les crises politiques dans les pays producteurs.
EN BREF
- Le rationnement des carburants a débuté au Bangladesh en réponse à la crise au Moyen-Orient.
- De longues files d’attente ont été observées aux stations-service, avec des cas de violence.
- Cinq usines d’engrais ont été fermées en raison des tensions, affectant l’agriculture.
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, marqué par des attaques américaines et israéliennes sur l’Iran, a eu des répercussions immédiates sur le marché du carburant. En réaction, la Bangladesh Petroleum Corporation (BPC) a mis en place des restrictions strictes sur la vente de carburant, limitant notamment les utilisateurs de deux-roues motorisés à un plein de seulement 2 litres.
La BPC a justifié ces limitations par le comportement des consommateurs en temps de crise, qui tendent à acheter plus que d’habitude. Les premières heures suivant l’entrée en vigueur de ces restrictions ont vu l’émergence de longues files de véhicules devant de nombreuses stations-service à Dacca, la capitale. Des journalistes de l’AFP ont constaté ces scènes de désespoir et d’impatience.
Un motocycliste, Md Al-Amin, a exprimé son mécontentement en déclarant : « J’ai attendu plus d’une heure pour mettre deux litres. Mon réservoir peut contenir huit litres et je fais en général le plein une fois par semaine. Là, il va falloir que je revienne après-demain. » Le témoignage d’AKM Ruhul Amin, pédiatre, illustre également la frustration des usagers : « Je n’ai pu acheter que 10 litres aujourd’hui… le gouvernement pourrait au moins nous autoriser à faire un plein complet. »
Le nombre de clients dans les stations-service a quasiment doublé, selon Ahmad Rush, un responsable du distributeur Meghna Petroleum Limited. « Nous avons ouvert à 7h30 ce matin et avons pu ravitailler 300 véhicules en trois heures et demie », a-t-il déclaré, révélant ainsi l’ampleur de la demande face à des stocks limités.
Cependant, la situation a pris un tournant tragique avec la mort d’un homme de 25 ans lors d’une violente altercation à une station-service du district de Jhenaidaha. Ce conflit a également conduit à des actes de vandalisme, soulignant les tensions croissantes parmi la population affamée de carburant.
Pour contrer cette crise, la BPC a annoncé que des livraisons d’hydrocarbures étaient attendues dans les jours à venir, mais la situation demeure préoccupante. En outre, en raison des tensions actuelles, cinq des six usines de production d’engrais agricoles du pays ont été fermées jusqu’au 18 mars, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la sécurité alimentaire nationale.
La réponse du gouvernement face à cette crise sera déterminante pour la gestion de l’approvisionnement en carburant et la stabilité économique du Bangladesh dans les jours à venir. Le pays, déjà confronté à des défis structurels, pourrait voir sa situation se dégrader si les tensions au Moyen-Orient persistent.