Le tunnel sous la Manche vise à conquérir de nouveaux marchés en Europe

Le tunnel sous la Manche, reliant le Royaume-Uni à l’Europe continentale, prépare une offensive majeure pour attirer davantage de passagers et concurrencer le transport aérien. Avec l’arrivée de nouveaux opérateurs après 2030, l’ambition est de transformer le transport ferroviaire entre Londres et les grandes villes d’Allemagne et de Suisse.

EN BREF

  • Le tunnel sous la Manche prévoit d’augmenter le nombre de passagers à 14 millions d’ici 2030.
  • De nouvelles liaisons à grande vitesse vers l’Allemagne et la Suisse sont en projet.
  • Des efforts sont en cours pour simplifier l’homologation des trains et attirer des investissements.

Yann Leriche, directeur général de Getlink, l’exploitant d’Eurotunnel, a exprimé sa confiance quant à l’avenir du tunnel. Lors d’un entretien, il a évoqué la possibilité d’accueillir jusqu’à 10 millions de passagers supplémentaires d’ici 2035, avec l’introduction de nouveaux services ferroviaires. « Nous allons d’abord passer de 12 à 14 millions aux alentours de 2030, grâce à des trains supplémentaires », a-t-il précisé.

Eurostar, la filiale de la SNCF, a déjà commandé 30 nouveaux trains à deux étages de la société Alstom, et des opérateurs tels que Virgin et Trenitalia envisagent de se lancer sur ce marché. Ces nouveaux acteurs devraient renforcer l’offre de services et attirer encore plus de passagers vers le tunnel sous la Manche.

Développement des liaisons à grande vitesse

Le développement des liaisons à grande vitesse est au cœur de cette stratégie. Actuellement, les trains partent déjà de Londres vers Paris, Bruxelles et Amsterdam. Dans un avenir proche, de nouvelles liaisons sont envisagées vers des destinations majeures en Allemagne, telles que Cologne et Francfort, avec des temps de trajet prévus de 3 heures 45 et 5 heures respectivement.

Yann Leriche a souligné l’importance de ces nouvelles liaisons, en indiquant que la part de marché des trains pourrait atteindre 40 % sur certaines de ces routes face à l’aviation. Pour Amsterdam, où la part du marché ferroviaire n’est que de 22 %, l’ouverture d’un nouveau terminal devrait permettre d’augmenter la capacité à 600 passagers par heure.

Partenariats et simplification des normes

Le passage à de nouvelles liaisons nécessite également des accords bilatéraux. Le Premier ministre britannique et le chancelier allemand sont en discussions pour établir des contrôles douaniers juxtaposés. Des discussions sont également en cours avec la Suisse pour établir des liaisons directes.

Pour stimuler l’intérêt des opérateurs, Getlink a simplifié les normes d’homologation des trains, réduisant ainsi le temps nécessaire pour mettre en service de nouveaux services. « Nous avons divisé par deux le temps requis entre l’annonce d’un service et son lancement commercial », a déclaré Yann Leriche. En outre, un programme d’aides financières a été mis en place pour soutenir les nouveaux entrants pendant les premières années.

En conclusion, le tunnel sous la Manche semble bien positionné pour renforcer son rôle de lien ferroviaire entre le Royaume-Uni et le continent européen. Avec des ambitions clairement affichées et une stratégie de développement solide, l’avenir semble prometteur pour cette infrastructure emblématique.