La lumière de la box Internet, souvent visible dans les foyers, est devenue le symbole des gaspillages énergétiques quotidiens. À l’heure où le prix du kilowattheure ne cesse d’augmenter, de nombreuses personnes se demandent si éteindre leur box la nuit constitue une véritable solution pour alléger leur facture d’électricité.
EN BREF
- Les box Internet consomment 3,3 térawattheures par an en France.
- Éteindre une box huit heures par nuit permettrait d’économiser jusqu’à 13 euros par an.
- Des solutions comme les multiprises à interrupteur peuvent optimiser les économies d’énergie.
D’après les données fournies par l’Arcep, les box Internet représentent environ 2,2 % des factures énergétiques des ménages. En 2022, leur consommation s’élevait à 3,3 térawattheures, dont 95 % est due à une consommation en veille, c’est-à-dire lorsque l’appareil n’est pas utilisé. Ce phénomène soulève la question : éteindre sa box est-il réellement une bonne idée pour faire des économies ?
Les estimations concernant la consommation d’une box varient. Selon Ohm Énergie, une box consomme en moyenne 97 kWh par an, ce qui se traduit par un coût d’environ 19 euros au tarif réglementé. D’autres sources, comme Darty, évoquent une fourchette de consommation allant de 150 à 300 kWh par an, ce qui équivaut à peu près à la consommation d’un petit réfrigérateur. Ainsi, ces appareils représentent une part non négligeable des dépenses énergétiques des ménages.
Lorsque l’on considère l’impact collectif, les chiffres prennent une autre dimension. Si l’on imagine un parc de 30 millions de box, la consommation annuelle pourrait atteindre 2,9 térawattheures. En éteignant ces appareils huit heures par nuit, près de 870 gigawattheures pourraient être économisés, soit l’équivalent de la consommation de 185 000 foyers.
Sur une base individuelle, Darty calcule qu’éteindre une box de 10 watts durant huit heures par nuit permettrait d’économiser environ 29 kWh par an. Cela représenterait une économie comprise entre 7 et 12 euros, selon le prix du kilowattheure. Cependant, d’autres estimations, relayées par Webmag, indiquent que certains équipements plus gourmands pourraient permettre d’économiser jusqu’à 13 euros par an.
Pour remettre cette question en perspective, l’Ademe souligne qu’éteindre les appareils en veille peut permettre d’économiser jusqu’à 15 % de la facture d’électricité, hors chauffage et eau chaude, ce qui pourrait représenter plus de 100 euros par an. La box Internet ne constituant qu’une petite partie de cette consommation, il est essentiel de prendre en compte d’autres appareils, tels que les téléviseurs, ordinateurs et consoles de jeux, souvent laissés branchés en continu.
Pour répondre à cette problématique, les experts en sobriété énergétique recommandent des solutions pratiques qui éliminent le besoin de débrancher manuellement chaque appareil. Les multiprises à interrupteur offrent une solution simple : en un geste, il est possible de couper l’alimentation de l’ensemble des appareils connectés, y compris la box, ce qui permet de réduire la consommation en veille. L’Arcep suggère également de désactiver le Wi-Fi via l’interface de la box lorsque certains services doivent rester connectés.
Cependant, dans les logements équipés de systèmes de domotique, de caméras de surveillance ou de téléphonie fixe par Internet, éteindre complètement la box peut poser des problèmes. Certaines mises à jour de logiciels, souvent déployées la nuit, nécessitent également que la box soit en veille. De plus, il est intéressant de noter que les réseaux mobiles 4G et 5G consomment trois fois plus d’énergie par gigaoctet que les réseaux fixes, ce qui pourrait rendre un basculement systématique vers le mobile lorsque la box est éteinte contre-productif.
En conclusion, la question de l’extinction de la box Internet la nuit soulève des enjeux plus vastes concernant la gestion de l’énergie dans les foyers. Les solutions les plus efficaces passent par une combinaison de stratégies, incluant l’utilisation de modes de veille optimisés et la lutte contre les consommations invisibles dans nos habitations.