Une simple discussion sur la réflexologie plantaire a propulsé Cyril Féraud au cœur d’une tempête médiatique. Le 2 janvier 2024, lors de l’émission Slam diffusée sur France 3, l’animateur a interrogé une candidate, praticienne de cette méthode alternative, sur les bienfaits supposés de son métier. Ce qui semblait n’être qu’un échange anodin a rapidement pris une tournure inattendue.
EN BREF
- Une séquence de Cyril Féraud sur la réflexologie suscite des critiques virulentes.
- Le passage a été visionné 1,4 million de fois en deux jours sur X.
- Des experts dénoncent un manque de crédibilité de cette pratique médicale alternative.
Dès sa diffusion, l’extrait a été partagé sur la plateforme X, devenant viral avec 1,4 million de vues en moins de 48 heures. Les critiques se sont intensifiées, notamment de la part d’un internaute qui a rappelé que l’émission s’adressait à plus d’un million de téléspectateurs, dont beaucoup sont vulnérables. Ce dernier a accusé l’émission de donner une tribune à ce qu’il qualifie de « pseudo-médecine ».
Sur le plateau, Cyril Féraud a posé des questions à la candidate sur son métier, affichant un intérêt pour les effets du massage des pieds, qu’il a présenté comme une alternative aux médicaments. « Pourquoi se bourrer de médicaments alors qu’il suffit d’appuyer sur des zones précises du pied ? » a-t-il déclaré, sous l’approbation du public. Bien que la discussion ait été présentée de manière légère, elle opposait implicitement les traitements conventionnels aux pratiques alternatives.
Les réactions sur X ont été nombreuses. L’internaute à l’origine du buzz, Xavier Ponterlun, a qualifié ces deux minutes d’« publicité » pour une pratique sans fondement scientifique, ajoutant que le fait que ce soit le public qui ait financé cette diffusion était particulièrement préoccupant. D’autres utilisateurs ont même signalé l’émission à l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une dérive.
La réflexologie plantaire, qui associe chaque zone du pied à un organe, figure parmi les 400 « pratiques de soins non conventionnelles » identifiées par l’Organisation mondiale de la santé. Cependant, des experts mettent en garde contre son efficacité. Bruno Falissard, expert cité par 20 Minutes, rappelle que la réflexologie ne repose pas sur des bases solides. « Il n’y a rien de crédible dans ce soin. Cela peut aider certaines personnes, mais c’est une autre histoire », a-t-il déclaré.
De plus, Edzard Ernst, après avoir passé en revue plusieurs essais cliniques, a conclu que les preuves scientifiques ne soutiennent pas l’efficacité de la réflexologie, quel que soit le traitement en question. Nicolas Pinsault, vice-président du Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, a également affirmé que les recherches montrent uniquement un effet placebo, sans impact significatif attribuable à la technique elle-même.
Cette situation soulève des questions éthiques sur la responsabilité des médias dans la diffusion des informations relatives à la santé. Les animateurs doivent-ils être plus vigilants lorsqu’ils abordent des pratiques qui n’ont pas de fondement scientifique solide ? La discussion autour de la réflexologie met en lumière les défis auxquels sont confrontés les professionnels de la santé et de l’information dans un paysage médiatique souvent en quête de sensationnalisme.
Alors que les débats se poursuivent sur les réseaux sociaux et au sein du public, il est clair que cette séquence de Cyril Féraud a ouvert la voie à une réflexion plus large sur le rapport entre médecine alternative et médiatisation. La question demeure : jusqu’où les médias doivent-ils aller dans la promotion de pratiques sans preuves tangibles ?