Mojtaba Khamenei : un empire financier dissimulé derrière des sociétés écran

Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a récemment été au centre de l’attention après son ascension à ce poste clé, survenue le 8 mars suite à l’assassinat de son père. Cette transition a non seulement marqué un changement de leadership religieux en Iran, mais elle a également révélé un homme d’affaires astucieux, possesseur d’un empire financier considérable, dont l’étendue suscite l’inquiétude.

EN BREF

  • Mojtaba Khamenei est lié à un vaste réseau d’investissements immobiliers internationaux.
  • Il possède des actifs immobiliers d’une valeur estimée à plus de 400 millions d’euros.
  • Les fonds proviendraient principalement de la vente de pétrole iranien, contournant les sanctions internationales.

Selon une enquête menée par Bloomberg, Khamenei est associé à de nombreuses propriétés à Londres, évaluées à 115 millions d’euros. Cependant, ses investissements ne se limitent pas à la capitale britannique. Une étude complémentaire du Financial Times a révélé que ses actifs immobiliers s’étendent en Europe et en Amérique du Nord, dépassant 400 millions d’euros.

La fortune de ce guide suprême de 56 ans, qui a été blessé lors de l’attaque ayant coûté la vie à son père, demeure difficile à évaluer en raison de l’utilisation de structures opaques et de sociétés écrans. En effet, aucune de ces propriétés ne porte officiellement son nom, ce qui souligne l’ingéniosité de ses manœuvres financières.

Un acteur central de cette toile complexe est Ali Ansari, décrit par Euronews comme l’un des oligarques les plus influents d’Iran. Sa connexion avec Khamenei se renforce par son rôle dans la construction de l’Iran Mall, un gigantesque centre commercial au Moyen-Orient. Les enquêtes révèlent que des sociétés associées à Ansari détiennent des biens immobiliers qui, en réalité, appartiennent à Khamenei, comme le Hilton Frankfurt Gravenbruch, un hôtel cinq étoiles.

Ali Ansari gère un réseau d’entreprises, notamment Midas Oil Trading DMCC aux Émirats, qui facilite l’acquisition de biens pour Khamenei. Ce système lui a permis d’acheminer des milliards de dollars vers les marchés occidentaux, selon Bloomberg.

Les investigations ont mis en lumière le fait que ces stratagèmes ont fonctionné pendant près d’une décennie. Toutefois, l’intérêt croissant des autorités britanniques pour les propriétés de Khamenei à Londres a conduit à des enquêtes, notamment sur Ansari, qui, citoyen chypriote, est désormais interdit de voyage au Royaume-Uni, ses avoirs étant gelés à cause de soupçons de financement du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Une interrogation demeure : d’où proviennent les milliards de Mojtaba Khamenei ? Les spécialistes estiment que les revenus proviennent principalement de la vente de pétrole iranien, transité par des banques basées en Grande-Bretagne, en Suisse, au Liechtenstein et aux Émirats.

Le nouveau guide suprême a ainsi réussi à naviguer habilement à travers les sanctions internationales, principalement américaines, mises en place depuis 2019, visant les exportations pétrolières, le système bancaire et des entités gouvernementales. La famille Khamenei a agi discrètement pour dissimuler sa richesse à une population confrontée à une inflation alarmante, atteignant 52 % en février, ce qui remet en question l’image de piété associée à l’ayatollah et à sa famille.

La révélation de ces informations jette une lumière nouvelle sur les dynamiques de pouvoir en Iran et sur la manière dont le nouveau guide suprême a construit un empire financier colossal tout en maintenant une façade de modestie religieuse.