Guerre au Moyen-Orient : les perturbations du trafic aérien persistent dans le Golfe

Le trafic aérien dans les aéroports du Golfe continue d’être fortement perturbé, au douzième jour de la guerre au Moyen-Orient. Malgré une reprise partielle des activités à Dubaï et Doha, la situation demeure préoccupante selon les données de Cirium, une entreprise spécialisée dans l’analyse du trafic aérien.

EN BREF

  • Plus de 46 000 vols annulés depuis le 28 février dans le Moyen-Orient.
  • Les taux d’annulation de vols montrent une tendance à la baisse.
  • Le chaos a entraîné des milliers de passagers bloqués, notamment en Asie.

Depuis le début des hostilités, qui ont débuté avec l’attaque israélo-américaine sur l’Iran, l’impact sur le trafic aérien a été dévastateur. Cirium a révélé que sur 85 500 vols prévus, plus de 46 000 ont été annulés, illustrant ainsi la gravité de la situation. Les répercussions de la riposte iranienne, qui a ciblé non seulement des installations militaires américaines mais aussi des infrastructures civiles, notamment des aéroports, sont devenues évidentes.

Les chiffres montrent une légère amélioration : le taux d’annulation a diminué au fil des jours, passant de plus de 65 % entre le 1er et le 3 mars à 45,6 % mardi, et 36,9 % mercredi. En moyenne, le taux d’annulation s’établit à 54 % depuis le début du conflit. Cette tendance pourrait indiquer une stabilisation progressive du trafic aérien, bien que la situation reste fragile.

Au cours des derniers jours, certains espaces aériens, initialement fermés, ont été réouverts, notamment aux Émirats arabes unis et temporairement au Qatar. Qatar Airways a annoncé la planification de 29 vols pour jeudi, marquant une reprise significative par rapport aux jours précédents. Mercredi, 16 vols ont quitté Doha, représentant 5 % des 318 prévus, tandis qu’à Dubaï, 149 vols ont été enregistrés, soit moins d’un tiers des 476 programmés.

La situation est plus critique à Bahreïn, où aucun vol n’a été recensé. Les aéroports du Golfe, qui reposent sur un modèle économique basé sur les passagers en correspondance, se retrouvent en première ligne des impacts de ce conflit. Avant le début de la guerre, Dubaï était le deuxième aéroport mondial en termes de trafic passagers, tandis que Doha rivalisait avec des hubs comme Hong Kong et Francfort.

Cette quasi-paralysie des aéroports a provoqué un véritable chaos dans le transport aérien mondial. Des milliers de passagers, notamment en Asie, se retrouvent bloqués, en attendant une reprise des liaisons. Face à cette situation, des compagnies aériennes européennes et asiatiques ont annoncé des renforcements de leurs liaisons directes entre l’Europe et l’Asie. Des entreprises telles que Lufthansa, Air France, Malaysia Airlines et Cathay Pacific ont pris des mesures pour atténuer les effets du conflit sur leurs opérations.

La guerre au Moyen-Orient continue d’influer sur le secteur aérien, et bien que des signes de reprise commencent à apparaître, la route vers la normalisation semble encore éloignée. Les acteurs du secteur aérien et les autorités locales doivent naviguer dans un environnement incertain, en espérant que la paix revienne rapidement pour permettre une relance durable du trafic aérien.