Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, des sociétés spécialisées dans la sécurité ont été sollicitées pour évacuer les personnels d’entreprises en danger. Ces dernières, souvent confrontées à des situations imprévues, déploient leur savoir-faire pour assurer la sécurité de leurs collaborateurs dans des zones à risque. Depuis le début des frappes de la coalition américano-israélienne, ces sociétés ont intensifié leurs opérations.
EN BREF
- Des sociétés de sécurité évacuent les personnels d’entreprises en zones de conflit au Moyen-Orient.
- Les évacuations se font principalement par la route, en raison de la fermeture des aéroports.
- Le coût des opérations d’évacuation est élevé, mais les entreprises restent discrètes sur les chiffres.
Les entreprises d’évacuation, telles qu’Amarante et International SOS, ont rapidement réagi à la crise. Ludovic Guérineau, directeur de la gestion de crise chez Amarante, a expliqué : « Dès les premières frappes de la coalition américano-israélienne, nous avons ouvert notre cellule opérationnelle de crise. » Ces sociétés ne se contentent pas d’évacuer ; elles fournissent également des informations précises sur l’environnement sécuritaire, permettant aux entreprises de prendre des décisions éclairées.
Les clients de ces sociétés incluent des entreprises multinationales, des ONG, ainsi que des institutions académiques, tandis que les particuliers sont rarement concernés. Les évacuations touchent principalement des expatriés et leurs familles, des employés en mission ou même des vacanciers pris au piège dans la tourmente, comme c’est le cas pour de nombreux Français se retrouvant à Dubaï.
Vincent Jacquemart, président d’IRENA, a souligné que certains clients préfèrent confiner leurs employés, tandis que d’autres optent immédiatement pour l’évacuation. La situation actuelle est unique, car la menace provient exclusivement des airs, rendant les opérations d’évacuation plus complexes. « Nous devons gérer la fermeture de nombreux aéroports », a-t-il ajouté.
Les évacuations sont donc réalisées par la route, avec des véhicules adaptés aux conditions locales et des chauffeurs familiarisés avec les us et coutumes des pays traversés. Ce mode de transport est essentiel pour assurer la sécurité des personnes exfiltrées et faciliter leur passage aux frontières. Les convois partent principalement des Émirats arabes unis vers d’autres destinations comme le Koweït, Bahreïn, l’Irak ou Israël, en fonction des aéroports ouverts.
Une autre dimension de cette crise est la préparation des entreprises face à des risques auparavant jugés faibles. Beatrix Renaut, responsable sécurité chez International SOS, a noté que certaines entreprises n’étaient pas prêtes à faire face à une telle situation, malgré les recommandations pour avoir des plans d’urgence. « Les Émirats n’avaient jamais posé de difficultés », a confirmé Ludovic Guérineau.
Cette guerre, qui affecte une région entière plutôt qu’un seul pays, complique davantage les opérations d’évacuation. Les sociétés doivent donc coordonner leurs efforts sur plusieurs fronts, augmentant ainsi la complexité logistique de leurs missions.
Les entreprises engagées dans ces opérations d’évacuation ont toutes évacué des centaines de personnes depuis le début du conflit. Leurs coûts restent élevés, bien que les sociétés gardent leurs chiffres confidentiels, en raison de la diversité des situations rencontrées. Pour l’heure, les évacuations continuent, alors que la crise demeure instable et imprévisible.