Le thuya, symbole des jardins des années 80, devient un problème écologique en 2026

Dans les lotissements des années 70 et 80, le thuya était un incontournable des jardins. Cette haie, symbole de discrétion et de propreté, est aujourd’hui pointée du doigt par les écologues comme une menace pour la biodiversité. Sa popularité, autrefois justifiée par sa croissance rapide et son feuillage persistant, s’est transformée en un véritable cauchemar écologique.

EN BREF

  • Le thuya, haie star des jardins des années 80, est critiqué pour son impact écologique négatif.
  • Cette plante stérilise le sol et réduit la biodiversité, créant des déserts écologiques.
  • Les experts recommandent de remplacer les thuyas par des haies variées pour restaurer la faune.

Les spécialistes de la Ligue pour la Protection des Oiseaux et de l’Office français de la biodiversité soulignent que les haies de thuyas abritent près de 0 % de la biodiversité locale, en comparaison avec des haies champêtres variées. Après quatre décennies de domination dans les jardins, il est temps de repenser l’aménagement paysager de nos espaces extérieurs.

Originaire d’Amérique du Nord, le thuya a été largement planté en France pour sa capacité à former une barrière visuelle toute l’année. Cependant, sa taille rigoureuse a donné naissance à ce que les scientifiques qualifient de « béton vert », un mur uniforme et dense qui ne laisse passer ni lumière ni vie.

Cette haie, bien que rassurante en apparence, se transforme en un véritable désert écologique. Le feuillage serré du thuya prive le sol de lumière, tandis que les écailles qui tombent rendent le terrain acide, stérilisant la terre et exterminant l’humus. Les hérissons, insectes et autres petites créatures trouvent en elle une barrière infranchissable.

En outre, une haie de thuya ne produit ni fleurs mellifères, ni baies nourrissantes, ni cavités pour nicher. Ce manque de diversité entraîne une chute drastique des insectes pollinisateurs et des oiseaux. À l’opposé, une haie champêtre, composée de variétés locales comme le noisetier, le charme ou l’aubépine, apporte nectar, fruits et abris tout au long de l’année.

De nombreuses familles s’étonnent de l’absence de papillons et d’oiseaux dans leurs jardins, malgré l’installation de nichoirs. Cependant, une fois la haie de thuyas remplacée par une haie mixte d’essences locales, la nature reprend rapidement ses droits. Dans certains cas, la faune revient en moins de deux saisons.

Les écologues conseillent de programmer l’arrachage des thuyas en dehors de la période de nidification des oiseaux, soit entre le 15 mars et le 31 juillet. Le sol appauvri doit alors être préparé en décompactant, en éliminant un maximum de racines et en ajoutant du compost et du fumier pour relancer la vie bactérienne.

Transformant ainsi ce mur mort en un corridor de vie, il existe un guide pratique pour mettre en œuvre ces changements. En redonnant une chance à la biodiversité, les jardins peuvent redevenir des refuges pour la faune locale et offrir un écosystème riche et varié.

Il est temps de repenser nos choix paysagers et d’opter pour des solutions qui favorisent la nature. Le thuya, jadis apprécié, doit céder la place à des alternatives qui encouragent la biodiversité et soutiennent les écosystèmes locaux.