Alors que l’annĂ©e 2026 semblait prometteuse avec des prĂ©visions d’inflation stable, la situation gĂ©opolitique au Moyen-Orient vient perturber ce tableau. Le 28 fĂ©vrier, une escalade du conflit entre IsraĂ«l et l’Iran a provoquĂ© des tensions rĂ©gionales, entraĂźnant une hausse significative des prix du pĂ©trole. Le baril de Brent a atteint 115 dollars, alors qu’il Ă©tait Ă 70 dollars avant cette crise. Cette flambĂ©e des prix pourrait-elle se rĂ©percuter sur les denrĂ©es alimentaires en France ?
EN BREF
- Les tensions au Moyen-Orient ont déjà provoqué une forte hausse des prix du pétrole.
- La flambĂ©e des coĂ»ts de transport et d’Ă©nergie menace l’inflation alimentaire.
- Les experts prĂ©voient des hausses de prix, mais moins importantes qu’en 2022.
Le contexte de cette crise rappelle les consĂ©quences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui avait entraĂźnĂ© une inflation alimentaire majeure. Ă cette Ă©poque, les prix des produits alimentaires avaient grimpĂ© de 12 % en un an, selon l’Insee. La situation actuelle soulĂšve des interrogations similaires : les consommateurs français doivent-ils s’attendre Ă une nouvelle flambĂ©e des prix alimentaires ?
Des chaĂźnes d’approvisionnement perturbĂ©es
La rĂ©ponse Ă cette question est complexe et dĂ©pend de l’Ă©volution du conflit en cours. Sylvain Zaffaroni, expert de l’agroalimentaire, souligne que toute crise Ă©nergĂ©tique impacte directement les chaĂźnes de valeur du secteur. La hausse des prix du pĂ©trole affecte non seulement le coĂ»t du transport, mais Ă©galement celui des emballages, gĂ©nĂ©ralement en plastique, produit Ă partir de pĂ©trole.
Les coĂ»ts de l’Ă©lectricitĂ© et du gaz, essentiels pour le stockage et la production des denrĂ©es alimentaires, connaissent aussi une forte augmentation. En particulier, le gaz naturel, qui reprĂ©sente 80 % du coĂ»t de production des engrais azotĂ©s, est crucial pour les agriculteurs. Le blocage potentiel du dĂ©troit d’Ormuz, par lequel transitent des quantitĂ©s importantes d’engrais, pourrait exacerber la situation.
Une inflation alimentaire Ă venir ?
MalgrĂ© l’absence de rupture d’approvisionnement sur des matiĂšres premiĂšres agricoles comme le blĂ©, les tensions sur les marchĂ©s des matiĂšres premiĂšres commencent Ă se faire sentir. Thierry Pouch, chef Ă©conomiste aux Chambres d’agriculture, observe des « soubresauts » dans les prix, notamment pour le blĂ©, qui a franchi la barre des 200 dollars la tonne.
Les agriculteurs, malgrĂ© des stocks d’engrais obtenus avant la crise, sont dans l’incertitude pour leurs futures campagnes. Ils doivent dĂ©cider s’ils achĂštent dĂšs Ă prĂ©sent de nouveaux engrais ou s’ils attendent, avec le risque de payer plus cher ultĂ©rieurement. Cette situation pourrait entraĂźner des hausses de prix en cascade sur l’ensemble de la chaĂźne d’approvisionnement.
Les nĂ©gociations commerciales de mars dernier n’entĂ©rinent pas les prix pour toute l’annĂ©e, laissant la porte ouverte Ă des renĂ©gociations si le conflit se prolonge. Sylvain Zaffaroni demeure modĂ©rĂ©, prĂ©voyant que, mĂȘme si l’inflation alimentaire augmente, elle ne devrait pas atteindre les niveaux catastrophiques de 2022-2023, en raison d’une gestion plus efficace des ressources Ă©nergĂ©tiques en France.
En rĂ©sumĂ©, la possibilitĂ© d’une inflation alimentaire considĂ©rable dĂ©pendra de la durĂ©e du conflit. Les hausses de prix ne devraient commencer Ă se faire ressentir qu’Ă partir de mai-juin 2026, et elles seront probablement plus mesurĂ©es que celles observĂ©es lors de la crise ukrainienne.