Le Mexique envisage de restreindre l’accès des enfants et des adolescents aux réseaux sociaux, une initiative qui vise à protéger leur santé mentale. Cette réflexion a été initiée par le ministre mexicain de l’Éducation, Mario Delgado, qui souhaite « ouvrir le débat » sur les limites à imposer dans ce domaine.
EN BREF
- Le Mexique envisage de réglementer l’accès des jeunes aux réseaux sociaux.
- Le ministre de l’Éducation plaide pour une approche collaborative avec les parents et enseignants.
- Des initiatives similaires sont déjà en cours dans plusieurs pays, dont l’Australie et l’Indonésie.
Mario Delgado, lors d’un entretien avec l’AFP, a exprimé que « l’État a la responsabilité de la tutelle dans l’éducation des mineurs ». Il souligne qu’il est nécessaire de fixer certaines limites, car les entreprises de réseaux sociaux ne semblent pas prêtes à assumer cette responsabilité. « Meta, Facebook, TikTok, ce qui les intéresse, c’est d’avoir des followers, et il n’y a pas de filtres sur les contenus », a-t-il déclaré.
Le ministre a également évoqué la prolifération de contenus violents et pornographiques sur les plateformes, ainsi que le problème croissant du cyberharcèlement. Face à ces enjeux, il est devenu urgent de réfléchir à des mesures protectrices pour les jeunes utilisateurs.
En réponse aux préoccupations soulevées, TikTok a mis en avant ses efforts pour limiter l’accès des moins de 13 ans à sa plateforme, précisant que les adolescents de 13 à 17 ans bénéficient de plus de 50 paramètres automatiques de sécurité. De son côté, Meta impose également un âge minimum de 13 ans pour ses utilisateurs et a mis en place des mesures similaires.
Cependant, ces entreprises font face à des critiques concernant l’application effective de ces contrôles. Mario Delgado a exprimé le souhait que la décision concernant les limites d’âge ne soit pas imposée par les autorités, mais qu’elle émane d’une consultation avec les parents, les communautés et les enseignants. « Que ce soit eux qui nous indiquent quelles devraient être ces limites et la manière de les encadrer », a-t-il ajouté.
Une période de concertation est actuellement en cours, impliquant des représentants des plateformes de réseaux sociaux au Mexique. Cette initiative vise à aboutir, en juin, à des propositions de régulation qui favoriseront une culture numérique « responsable, critique et consciente ». Le ministre a précisé que son objectif n’est pas d’interdire, mais de débattre et d’éduquer.
Mario Delgado a également mentionné son intérêt pour le modèle australien, où des mesures similaires ont été mises en place, notamment l’interdiction pour les mineurs de moins de 16 ans d’utiliser certaines plateformes comme TikTok et YouTube. En France, un projet de loi a également été voté pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance mondiale, alors que d’autres pays comme l’Indonésie prévoient également des restrictions similaires. L’Indonésie, par exemple, interdira l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans à partir du 28 mars, invoquant des risques liés à la pornographie et au cyberharcèlement.
Dans le cadre de cette dynamique, des pays tels que le Danemark, la Grèce et l’Espagne exercent également des pressions au sein de l’Union européenne pour établir des normes communes. En revanche, le Royaume-Uni a récemment choisi de ne pas interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, préférant attendre les résultats d’une consultation avant de légiférer.
Cette réflexion au Mexique représente une étape significative vers une régulation plus stricte des réseaux sociaux, avec l’espoir que les propositions qui en découleront contribueront à protéger les jeunes utilisateurs dans un environnement numérique de plus en plus complexe.