Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a appelé ce jeudi à maintenir le détroit d’Ormuz fermé, un passage crucial pour le commerce mondial du pétrole. Cette déclaration intervient alors que les cours du pétrole connaissent une flambée sans précédent, exacerbée par le contexte de guerre au Moyen-Orient. Khamenei, qui a succédé à son père Ali Khamenei, tué lors des récentes attaques israélo-américaines, a également promis de « venger » les victimes des bombardements.
EN BREF
- Mojtaba Khamenei appelle à maintenir le détroit d’Ormuz fermé.
- Les cours du pétrole ont augmenté de plus de 40% depuis le début de la guerre.
- Environ 3,2 millions d’Iraniens ont été déplacés depuis le début du conflit.
Khamenei, qui n’a pas encore été vu en public, a transmis son message par l’intermédiaire de la télévision nationale. Dans son discours, il a exhorté les pays de la région à fermer les bases militaires américaines. Cette déclaration intervient dans un contexte où l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avertit que la guerre en cours entraîne « la plus importante perturbation » de l’approvisionnement pétrolier mondial.
Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, se préparent à une campagne prolongée pour forcer les États-Unis à se retirer, menaçant de frapper les intérêts occidentaux dans le Golfe, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale. Depuis le début du conflit, l’armée américaine a frappé environ 6 000 cibles, après le déclenchement des hostilités le 28 février dernier.
Ce climat de tension a déjà des répercussions sur le marché pétrolier. Le géant français TotalEnergies a annoncé la suspension de 15% de sa production mondiale de pétrole et de gaz, affectant plusieurs États du Golfe. La navigation à travers le détroit d’Ormuz, contrôlé de facto par l’Iran, est pratiquement bloquée. Environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial transitent par cette voie stratégique.
En réponse à l’ordre de leur commandant en chef, les Gardiens de la Révolution ont promis de maintenir le détroit fermé et de porter des « coups sévères » aux agresseurs. Toutefois, le gouvernement iranien a également indiqué qu’il pourrait permettre à certains navires de pays jugés non hostiles d’emprunter le détroit. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a affirmé que Téhéran a collaboré avec plusieurs pays pour autoriser leur passage, tout en précisant que ceux qui s’allient aux États-Unis et à Israël ne devraient pas bénéficier d’un transit sécurisé.
Ce jeudi, plusieurs explosions ont secoué le Golfe, touchant des infrastructures pétrolières à Bahreïn et en Arabie saoudite, ainsi que des installations au Koweït et à Oman. Au total, six navires ont été attaqués depuis le début des hostilités, selon l’UKMTO, l’agence maritime britannique.
Une vidéo diffusée par le média d’État iranien IRIB illustre l’une de ces attaques, où un pétrolier a été frappé par un projectile tiré d’une embarcation de la marine iranienne. L’attaque, qui a fait un mort, a suscité des inquiétudes croissantes quant à la sécurité maritime dans la région.
Côté américain, le président Donald Trump a affirmé que la nécessité de « stopper » l’Iran prime sur les préoccupations liées aux prix du pétrole. Il a souligné l’importance d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire, même si cela implique des conséquences économiques. Au 13e jour de la guerre, la vie quotidienne des Iraniens est marquée par les privations et l’angoisse, tandis que des millions d’entre eux ont été déplacés à l’intérieur du pays.
Alors que le blocage d’Ormuz persiste, les prix du pétrole continuent de flamber, certains atteignant des hausses de 40% depuis le début du conflit. L’AIE souligne que l’approvisionnement mondial n’a jamais été aussi perturbé, avec une réduction de l’offre mondiale de 7,5% due à la fermeture du détroit. Les États-Unis, confrontés à un coût économique considérable, doivent faire face à un dilemme complexe entre sécurité nationale et stabilité économique.
Alors que les tensions persistent, le régime iranien semble déterminé à poursuivre sa lutte contre les États-Unis et Israël, affirmant qu’il n’a « plus rien à perdre ». Cette dynamique pourrait prolonger le conflit et ses impacts économiques dévastateurs, tant pour la région que pour l’économie mondiale.